Le 18 décembre était arrivé. Après trois semaines et demie je dois me séparer de mon petit groupe de voyageurs. Une dernière soirée passée à Harare, la capitale du Zimbabwe, nous verra nous  lever bien tôt, bien avant le soleil.  Mes 5 amis doivent prendre la route afin de  rallier le Mozambique et le Malawi. Et moi, je dois simplement leur dire au revoir.

Cette dernière semaine fut assez intense. Nous avons parcouru de nombreux kilomètres à bord de notre voiture, de nombreux kilomètres qui nous ont amenés à des endroits incroyables.  Le premier d’entre eux se trouve au Sud-Est du parc national de Hwange et de notre rencontre nocturne avec une hyène (Cf : En voiture à travers le Botswana, la Zambie et le Zimbabwe  Part 2), le parc national de Matobo.

Après une journée de route, à travers les paysages lunaires du Zimbabwe, nous arrivons aux abords du parc. Quelques questionnements et consultations de livres plus tard, nous décidons de prendre la direction d’un petit cottage afin d’y passer la nuit. Les barrières passées, l’endroit semble charmant et très agréable. Le premier contact fait, nous apprenons que la partie camping n’est malheureusement pas accessible et qu’il nous faut, si nous voulons rester, aller dans une petite maison. Ceci ne nous arrange pas tant nous la jouons restriction de budget. Après quelques négociations, nous arrivons à un arrangement. Nous prendrons un cottage et nous dormirons à 6 dedans. 2 dans le lit et 4… Quelque part dans la maison. Ceci n’est pas bien grave tant nous sommes habitués à dormir par terre ou dans des positions pas forcément agréables.

Nous déchargeons alors notre voiture et mettons en place notre petit « chez-nous ». La fin d’après-midi arrive quand nous finissons. Ce fut rapide, notre tâche n’étant perturbée que par un coup de feu au loin. Interpellé quant à la provenance de ceci, nous allons dans la direction d’où venait la détonation. Nous rencontrons alors un petit camp habité par les employés du cottage. Certains, au coin du feu, cuisinent et d’autre jouent aux cartes. Nous les interrogeons alors à propos de ce coup de feu et nous apprenons qu’ils venaient d’abattre un babouin qui rôdait près du diner. Le cadavre était non loin d’ici et nous avons pu constater la véracité de ses propos. Il n’est pas rare qu’une bête sauvage approche du cottage. Il y a de cela trois mois, un garde a abattu un léopard qui venait la nuit pour festoyer autour des autruches en captivités. Il semblerait que ce ne soit pas ici que je vais en voir.

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Cette petite parenthèse faite, nous nous dirigeons dans les montagnes afin de nous rendre compte des lieux et de observer le coucher de soleil. Une petite escalade et nous voilà à contempler  un paysage lunaire et complètement sauvage. Des amas de pierres se dressent devant nous, résultat de projections datant de plusieurs milliers d’années. L’un des plus beaux paysages qu’il m’est été donné de voir. C’est également l’occasion pour nous de côtoyer les nombreux lézards qui sortent de leur cachette afin de profiter de la douce chaleur du soleil, notre première rencontre avec le lézard arc-en-ciel. Une rencontre que je croyais rare jusqu’au moment où je me suis retrouver avec une dizaine autour de moi.  Le soleil se couche en face de nous, les oiseaux chantent et nous sommes assis en face, a profiter du spectacle qui s’offre à nous.

Nous redescendons alors chez nous afin de nous lancer dans la confection de notre repas mexicain. Cela fait près de trois semaines que nous n’avons pas eu de toit au-dessus de notre tête, à toujours manger au plus simple et à dormir sur le sol. Nous profitons d’un bon repas tous ensembles pour raconter nos différentes histoires de voyages, ce que nous avons fait et ce que nous voulons faire. Une soirée des plus agréables, comme quoi il en faut peu pour être heureux.

Nous nous réveillons tôt  le lendemain afin de rallier le centre du parc et par la même occasion rencontrer des rhinocéros, censé être présent en ces lieux. Une grande excitation était présente ce matin-là, surement lié au fait que nous allions faire un safari mais surtout lié au fait que nous allions faire notre premier safari sans voiture. Accompagné d’un guide, nous sommes partis à la rencontre de la savane à pied.

Le soleil se levait à peine lorsque nous avons pris place sur une montagne, occupé à scruter l’horizon à la recherche d’une corne. Malheureusement, nous n’avons rencontré aucun rhinocéros lors de ce safari, cependant pouvoir se mouvoir à pied dans la savane est un moment unique. Nous avons pu avancer au milieu de troupeaux de zèbres et de gnous qui s’enfuyaient à notre vus. L’ambiance sonore fut le plus marquant lors de ce safari. Entendre la savane se réveiller et les bruits de sabots qui frappent le sol à notre arrivée, c’est tout bonnement incroyable.

La journée se poursuit dans le parc, nous avons repris la voiture afin  de couvrir une plus grande zone. Ce safari fut pauvre en rencontre. A noter, quand même, celle avec un cobra lors de notre pause déjeuné. Nous étions arrêtés en pleine route pour casser la croute, assis sur le bas-côté,  nous avons aperçu un serpent qui se frayait un chemin à 50 cm derrière l’un de nous. Son large col nous a permis de l’identifier. Une rencontre qui nous rappelle qu’il faut être prudent. Enfin, il est vrai qu’il est absolument interdit de sortir de son véhicule en plein parc. Une règle souvent transgressée de notre côté.

La fin de journée approche, pas un seul rhinos de vus. Un dernier point d’observation nous attend, peu d’espoir. Et pourtant, il a fallu entendre la toute dernière occasion. Six rhinocéros sont présents sur la plaine. Cinq adultes et un bébé. Nous restons quelques temps afin de les contempler dans leur habitat naturel.

La journée terminée, nous nous endormirons une dernière fois dans le parc avant de rejoindre les hautes montagnes du Zimbabwe. Notre dernière aventure.

Après plusieurs heures de voiture, nous voilà dans le parc naturel de Chimanimani, un nom bien sympa à prononcer. Nous nous sommes rendus dans ce parc afin de pouvoir changer un peu d’activité. Finit les animaux et les safaris, place aux hauteurs et aux treks. Chimanimani est un parc célèbre pour ces hautes montagnes et pour la diversité du paysage. De nombreuses caves et grottes le composent et il est possible de faire du bivouac. Pour nous le choix est clair, nous allons revenir à l’état sauvage et dormir dans une grotte.

Nous garons la voiture et préparons nos sacs en les remplissant d’affaires utiles pour nos deux jours dans la montagne. La montée se fait tranquillement. Plus nous avançons, plus nous pouvons jeter un regard lointain sur l’horizon. La marche s’intensifie jusqu’à un petit plateau. Après une petite pause, nous traversons ce paysage plat et bienvenu. Cela fait près de trois heures que nous sommes dans la montagne quand nous apercevons une maison au loin. Nous savions qu’un gîte se trouvait dans la montagne, simplement nous ne savions pas qu’il était à cette endroit. Arrivée devant, le coup de cœur. La maison se dresse devant un paysage magnifique. Le plat se dérobe pour laisser place à une immense vallée où coule une rivière, en face de nous, les montagnes du Mozambique et sur notre droite, au loin, une cascade. La maison est assez grande, des tables, des chaises, une cheminée et des vieux matelas. Au revoir la grotte, nous resterons ici.

Nous laissons donc nos sacs dans notre nouveau « chez-nous » et décidons d’explorer la vallée. Rien de bien impressionnant si ce n’est le calme qu’il y règne. Nous étions absolument seuls dans ces montagnes.

Nous croisons un petit serpent en chemin de la cascade. Cette même cascade qui nous servira de douche dans quelques minutes. L’eau très fraiche ne nous faisant rester que quelques temps. Après une petite partie de frisbee nous prenons direction de la maison avant la tombée de la nuit.

Le soir, nous allumons un feu afin d’éclairer la pièce, nous mangeons. La pluie commence à tomber et l’orage à se faire entendre. Nous prenons place dehors, à l’abri, pour contempler ce spectacle. Nous avions l’impression qu’il faisait jour tant la puissance des éclairs était forte. Un spectacle son et lumière incroyable. Nous avons aligné nos matelas les uns à côté des autres à côté du feu et nous avons fermé nos yeux, bercés par le son de la pluie qui s’écrase sur le toit en fer de notre maison. L’un de mes meilleurs souvenirs.

Le lendemain nous nous réveillons et constatons que les nuages sont à notre hauteur. La tête dans les nuages. Nous emballons nos affaires, nettoyons l’endroit et entamons notre marche retour vers la voiture. Une grande journée nous attend. Nous devons rallier la capitale du Zimbabwe avant la nuit afin d’entamer notre dernière soirée, point de départ de mon article.

Nous passerons une dernière soirée dans un bar branché de la capitale, à boire des bières,  à manger des pizzas et écouter des artistes Zimbabwéen en devenir.

Notre histoire à commencé au Botswana dans la réserve de Moremi, où nous n’étions encore que trois. Bien rapidement, nous devenons quatre puis en Zambie, notre groupe deviendra une petite famille de 6.

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Pendant plus de trois semaines nous avons vagabonder d’endroit en endroit, de réserve en réserve, toujours avec cette soif de voir plus. Oui, c’est bien cela qui nous caractérisais, une certaine envie de découvrir ce qu’il se passe dans d’autres parties du monde. Nous pouvions passer des heures à feuilleter nos livres de voyages sur l’Afrique Australe et Occidentale en se disant : « ah ouais, ça doit être incroyable ça, et si nous y allions ? ». La vie était plutôt facile et fantastique. Nous avons accompli bien plus que ce que nous avions prévu.

Enfin, toutes les bonnes choses ont une fin, il est temps pour moi de me diriger vers le Sud et Johannesburg. Mes amis partent pour le Malawi emportant avec eux tout un tas de souvenirs.

Simplement merci pour ce voyage et ces moments.

Thomas

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