Waza est une petite ville située à l’Extrême-nord du Cameroun, région dont je suis originaire. Il y a plus d’un an, cette localité a été rendue tristement célèbre par l’enlèvement de sept membres d’une famille française, dont quatre enfants, alors qu’ils y étaient en vacances. Une dizaine de jours auparavant, j’étais moi-même allée à Waza faire un peu de tourisme.

Je suis originaire de l’Extrême-nord du Cameroun. Ma famille paternelle est établie à Maroua, chef-lieu de la région (une sorte de capitale de la région). Petite, j’y allais souvent en vacances avec mes parents, mon frère et ma soeur. Nos vacances consistaient essentiellement à passer du temps avec la famille. Même si c’était franchement dépaysant d’un point de vue culturel, pour nous (mes frères et moi) qui avons grandi dans le sud du pays qui est beaucoup plus développé en termes d’infrastructures, je regrette que mes parents ne nous aient pas plus fait découvrir notre région. En effet, l’Extrême-nord du Cameroun dispose de nombreux atouts touristiques dont les plus connus sont le parc national de Waza et le Mont Rhumsiki que je mourais d’envie de visiter.

Adulte, je ne suis retournée à Maroua que très peu et pour de courtes durées à chaque fois. C’était le cas l’année dernière mais cette fois là, j’avais décidé de me réserver une journée d’excursion touristique. Le moment n’était pas vraiment propice au safari car la saison sèche débutant à peine, les chances de voir des fauves et autres mammifères étaient très minces . Par ailleurs, mon père a tout fait pour me décourager d’y aller à cause du mauvais état et de l’insécurité de la route. Mais j’étais plus-que décidée.

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Waza est une petite localité qui abrite la réserve animalière la plus grande du Cameroun (170 000 hectares). Le parc national de Waza dispose d’une faune incroyable. On y trouve notamment, des lions, éléphants, girafes, hippopotames, antilopes, autruches, flamants roses, pélicans et oiseaux de toutes sortes. C’est une des attractions touristiques les plus prisées du Cameroun.

Waza se trouve à une centaine de kilomètres seulement de Maroua. Mais il faut compter environ 3h pour y aller tellement l’état de la route est déplorable. Il y a des trous sur tout le trajet ce qui oblige à rouler à une vitesse très limitée et rend le voyage vraiment désagréable. Quand je pense que ma mère me disait que dans les années soixante dix elle avait fait ce même trajet en moins d’une heure, y a de quoi être un peu révoltée. D’autant que c’est un axe majeur pour le pays puisqu’il relie le Cameroun à ses voisins tchadiens et nigérians.

Nous avons quitté Maroua en pleine nuit pour pouvoir y être à l’aube. Si l’entrée principale du parc se trouve dans la ville même de Waza, la réserve s’étend bien au-delà. Il n’est pas rare en effet de croiser sur le chemin des troupeaux de girafes traverser la route. Des pancartes signalent d’ailleurs aux conducteurs, bien avant l’entrée dans la ville, de limiter la vitesse de circulation.

Une fois à Waza, nous avons fait une petite halte dans le centre ville histoire de nous réchauffer un peu avec une tasse de thé et des beignets de haricots dont je raffole. J’ai vraiment été surprise qu’il fasse aussi froid au petit matin à cette période de l’année. Moi qui m’étais moquée de mon oncle qui avait pris son haut de “survèt”, j’avais l’air bien maligne après.

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A l’entrée du parc se trouvent deux cases obus typiques de l’habitat traditionnel des populations locales. L’entrée du parc est de 1000F cfa pour les nationaux si mes souvenirs sont bons et 5000f pour les étrangers. En principe la location de 4×4 est possible mais leur disponibilité ne semble pas garantie et ce n’est pas à cause de l’affluence…Pour ne pas vous laisser surprendre comme nous, il vaut donc mieux prévoir d’y aller avec son propre 4×4. Heureusement pour nous que c’était la saison sèche sinon nous n’aurions pas pu aller bien loin avec notre petite voiture.

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La visite du parc se fait obligatoirement et nécessairement avec un guide. Il faudra donc veiller à prévoir une place pour celui-ci et un billet pour sa motivation :) Le notre en tout cas était super. Après plus d’une vingtaine d’années passées sur le parc, il a fini par maîtriser ce dernier comme sa poche, et sait exactement où aller pour voir les animaux au plus près, ainsi que le nom de toutes les espèces qu’on peut y trouver.

D’entrée de jeu Tori, notre guide, nous a fait comprendre qu’à cette période de l’année, à moins de s’enfoncer au plus profond de la savane, nos chances de croiser certains animaux étaient minces. En effet, ceux-ci ne se rapprochent des points d’eau artificiels qu’en période de grande chaleur (mars-avril) lorsque l’eau se fait rare ailleurs. C’était sans compter sur notre véhicule qui n’était pas vraiment adapté pour les pistes fussent-elles bien tracées et entretenues comme celles de Waza.

Après plus de 4h passées dans la savane et beaucoup de patience, le bilan était plutôt pas mal: girafes, damalisques, antilopes, éléphants, gris corneille, canards casquette, hérons cendrés, cigognes et toute sorte d’oiseaux dont je n’avais jamais entendu parler.

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Tori (le guide) et moi

A l’intérieur du parc, des guets ont été crées à divers endroits près des points d’eau permettant d’avoir une vue panoramique de la savane et une vue rapprochée des animaux qui viennent se désaltérer pendant les périodes de grande chaleur. C’est également très souvent le point de rencontre avec d’autres curieux de la nature.Processed with VSCOcam with c1 preset

Nous ne pouvions rentrer sans faire un tour sur le campement de la ville perché sur une colline tout juste en face de l’entrée du parc. Si l’on veut profiter du parc dès les premières heures ou faire du tourisme dans les villes environnantes, il vaut mieux y passer la nuit. Le campement bénéficie du situation exceptionnelle qui permet d’avoir une belle vue sur la savane. Il y règne un calme absolu. C’est un endroit vraiment paisible. A ce moment précis, j’avais juste envie d’un transat et d’un bon bouquin en plus de mon jus de fruits pour profiter de cette vue magnétique.

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Le campement dispose d’une piscine qui, j’imagine n’est en service que pendant la haute saison. Il comprend également un bar décoré en toute simplicité mais non moins agréable. Une terrasse permet de profiter des repas en extérieur dans un cadre atypique.

L’architecture des chambres s’inspire de celle des “boukarou”, ces cases rondes qu’on rencontre le plus souvent dans le Nord du pays. Les chambres sont d’un confort élémentaire mais climatisées tout de même. Quand j’y étais elles étaient en pleine rénovation. Les literies étaient entrain d’être changées, les murs repeints et des téléviseurs écrans plats, installés.

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J’espère que mon expérience vous donnera envie d’aller découvrir cette partie peu connue du Cameroun.

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