Lorsque vous arrivez à l’aéroport Léon Mba de Libreville, vous avez tout d’abord envie de vous exclamer en disant : « Catastrophe ». Car, très souvent pensés sous un angle pharaonique, les aéroports ont le don de savoir aligner les zéros dans le chiffre qui illustre leur superficie opérationnelle. Celui-ci n’est du tout de ce bord. On le comparerait facilement à la résidence privée de certains hommes d’affaires de chez nous. Cependant, il se distingue par son état avancé de propreté, d’organisation, de calme et de discipline. Par ailleurs, les agents de police et civils sont assez respectueux, sont très attentifs aux demandes des touristes, apportent un coup de main par ci ou par-là, et ne tarissent pas de formules de politesse pour affiner leur langage.

Dans le taxi, c’est pratiquement pareil. Bien que la perfection n’existe pas, vous tomberez très souvent sur des chauffeurs prêts à vous offrir un peu plus que le service demandé en vous laissant exactement là où vous vous rendez, en vous permettant d’attendre confortablement sur la banquette arrière, les personnes que vous allez rencontrer. Mais, il faut préciser que vous avez le choix entre d’une part le taxi classique et communautaire qui opère selon le principe du ramassage (se faisant payer de façon relativement subjective par négociation avec le conducteur), et d’autre part le taxi-compteur qui ne sert qu’un seul client à la fois en se faisant payer sur la base du nombre de kilomètres parcourus depuis sa base jusqu’à la destination finale du client. Toutefois, vous croisez à la sortie de l’aéroport un rond-point habillé par un monument significatif de l’union mondiale au travers de ses cinq colonnes qui représentent chacun des continents du monde.
Dans la rue, les personnes se reconnaissent et se font attribuer des nationalités en fonction de leur morphologie, de leur accent, de leur façon de faire et de leur état d’être. Un jeu très fairplay auquel tout le monde se donne à cœur joyeux, en gardant quelquefois l’énigme sur son pays de provenance.
Si au départ, l’aéroport vous donne envie de croire que vous avez fait le bon choix pour vos prochaines vacances, et dans la mesure où vous auriez atterri en soirée, attendez de vous réveiller le lendemain. Merveilleusement captivant, lorsque vous poserez les yeux sur le lever de soleil en bord de plage, en supposant – bien entendu – que vous n’aurez pas eu la main difficile pour vous offrir un hôtel digne de ce nom. Les plages de Libreville sont connues pour leur remarquable splendeur. Même si le palais présidentiel national, la cour constitutionnelle et nombreux autres bâtiments gouvernementaux jonchant le Boulevard de l’Indépendance, empêchent le soleil de vous couvrir de sa chaleur entièrement mesurée, n’hésitez pas à plonger les pieds dans le sable ou à vous rendre au niveau du port môle, qui seulement en construction, vous donne déjà un aperçu de ce qui va bientôt sortir de terre en plein centre-ville.
Aussi, les palais et monuments publics. Il y en a à revendre. Rendez-vous sur le grand Boulevard pour avoir de quoi meubler tout un musée.

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Quant aux monuments, mon préféré, c’est celui du Rond-Point de la démocratie. Quand traditionalisme et modernité fond chemin ensemble, on dirait qu’ils ont tous été taillés dans un accord parfait entre les générations d’antan et la jeunesse vigoureuse et visionnaire du 21ième siècle. Car, chacun d’eux à son histoire et sa spécificité, les gens prennent du plaisir à les fréquenter, et enfin ils montrent qu’on n’a pas besoin de lourds budgets pour embellir la place publique.
Je me suis permis une fois de faire le tour de la ville un Samedi matin. Une paire d’écouteurs me connectant à mon MP3, Basket aux pieds, tenue approprié et j’étais parti. Bien que je me demandais intérieurement au départ comment j’allais y arriver, ne maîtrisant pas complètement la ville, j’ai fait le tour complet à force de renseignements et de collaborations temporaires avec d’autres sportifs ou piétons sur mon chemin. C’est ainsi que je ne me suis pas gêné de savourer les plaisirs du transport en commun dans des bus bien plus neufs que les nôtres (Sans commentaires), partager du chemin avec d’autres étrangers qui étaient bien contents d’être à Libreville et comptaient d’ailleurs – pour la plupart – y rester pour un bon moment encore, ou même prendre un déjeuner occasionnel dans un restaurant sénégalais ambulant au prix de 1000 Fcfa.

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Moments de pur plaisir, mais bien sûr des composantes parallèles qui déboussolent un peu. On va commencer par le niveau de vie. Cela dépend vraiment de votre pays de provenance, mais j’ai eu l’impression que tous les produits en boutique ou en magasin prenaient un zéro de plus à la fin, et que les services taillés sur mesure n’étaient pas anodins dans la mesure où il est évident qu’il faille vraiment conforter le client pour qu’il soit amené à payer de façon désintéressée, ou du moins sans tracas, des services qui valent deux ou trois fois moins sous d’autres cieux.
Les télécommunications et la société numérique. Pas encore vraiment développés au Gabon à mon avis. Je suis sûr que pas mal de sympathisants gabonais chercheront mon numéro de téléphone à la lecture de ce paragraphe mais pas de souci, je m’explique. Selon les webzines et les médias de longue portée, il y a sur place une multitude d’opérateurs de téléphonie mobile, pas mal d’offres de services internet et j’en passe. Mais, sans toutefois citer une marque en particulier, nous avons passé pratiquement deux (02) jours sans internet. La cause serait en fait un gaspillage (en terme local) de fibre optique par de jeunes activistes. Je peux juste vous conseiller de ne pas trop espérer rester connecter comme sur votre territoire d’origine. Même si vous verrez à coup sûr les pancartes annonçant la 4G dès que vous aurez effleuré les couloirs de l’arrivée aéroportuaire, ne vous y tenez pas. Vous me donneriez raison plus tard.

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Enfin, Libreville a de quoi faire pâlir de nombreux citoyens du monde. Sur un territoire aussi petit que le Gabon, je me suis à un moment demandé comment la partie raffinée du paysage urbain a quelquefois pu friser les standards de pays dits riches. Bref, l’Afrique est incontestablement et naturellement le continent privilégié par excellence. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a ni bas quartiers, ni corruption ou pauvreté. Tout simplement, ce n’est pas l’objet de ce billet que j’ai rédigé avec beaucoup d’entrain et de joie.

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Au plaisir de vous rencontrer très prochainement à Libreville…

Flavien KOUATCHA (@flavienkouatcha)