En Juillet-Août 2012, je suis partie deux mois en Ethiopie vivre au sein du peuple nomade Afar. Dans l’espoir d’en savoir plus sur ce peuple méconnu, ou du moins principalement connu pour sa seule hostilité, j’ai décidé de me rendre sur le terrain.

« Le désert dankali est le pays des coupeurs de testicules », « Ne va pas dans cette région, c’est trop dangereux et ils sont tous armés de Kalachnikovs, tu ne reviendras jamais vivante ! ». Avant mon départ de France et une fois arrivée à Addis-Abeba, des dizaines de personnes ont tenté de me dissuader de partir chez les Afars.

La région Afar est la plus pauvre d’Ethiopie en matière d’infrastructures sanitaires, éducatives, économiques et sociales, et le gouvernement ne semble pas accorder de priorité pour son développement. Le taux de mortalité infantile est estimé à 350 pour 1000, les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans l’immense majorité des familles, la sous-alimentation est chronique et le manque d’hygiène criant.

Certes, la vie était extrêmement difficile : la température ne descendait jamais en dessous de 50°C, en brousse je buvais l’eau saumâtre puisée à même le sol, les repas étaient frugaux, etc. Mais l’immersion dans le quotidien des Afars m’a permis de déconstruire les clichés. Si les premiers jours étaient durs, je me suis assez rapidement familiarisée avec la population infantile et adulte. Lors des repas collectifs, on me poussait toujours à manger à ma faim alors que les ressources étaient maigres.

Pendant deux mois, j’ai pu observer précisément comment, malgré l’hostilité incontestable de leur environnement, les Afars ont vécu et vivent depuis des millénaires sur ce territoire en adoptant le nomadisme. Il s’agissait de ma première expérience au sein d’une communauté non sédentaire.

Ce voyage fut une leçon de vie et de survie auquel je ne peux m’empêcher de penser quasi-quotidiennement. Toutes les difficultés que j’ai rencontrées m’ont formée dans un sens ou dans un autre. Comme Marcel Proust l’a si bien écrit, « Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux ».

Visiterlafrique.com- Ethiopie 6 Visiterlafrique.com- Ethiopie 4 Visiterlafrique.com- Ethiopie 1

Visiterlafrique.com- Ethiopie 3Fanny Houvenaeghel