C’est parti pour la Tanzanie, c’est partie pour la découverte de l’Afrique.

Une petite escale par Le Caire et je devrais atterrir vers 6h à Dar Es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie. Enfin, je dis bien « devrais », c’était sans compter sur Egyptair qui nous a fait changer 5 fois de porte à Istanbul, 2h de retard. Une mauvaise chose ? Pas tellement, je fais la rencontre de Nugu, un zimbabwéen qui rentrait chez lui après un échange en Turquie. Nous prenons notre mal en patience et faisons le trajet jusqu’au Caire ensemble. Le hasard faisant bien les choses, il se trouve que l’avion qui dessert Dar Es Salaam est également celui qui va à Mahane au Zimbabwe. Nous revoilà ensemble pour les 7 prochaines heures. A l’arrivée nous échangeons adresses et numéros, on ne sait jamais, le Zimbabwe est juste au-dessus de l’Afrique Du Sud et l’Afrique du Sud je m’y rendrais dans quelques mois.

Me voilà enfin à Dar Es Salaam, il est 8h du matin. Visa validé, je me dirige vers la sortie. « Thomas, Art of Tanzania », il semble que mon accompagnateur soit là. J’apprendrais plus tard qu’il s’appelle Macumba, en espérant qu’il ne danse pas tous les soirs, parce que le code de la route ici, ça fait de la figuration. Premier regard sur la Tanzanie, on dépasse quelques bus réellement rempli de personnes, les motos zigzaguent entre les voitures, les gens traversent en plein autoroute. J’ai vite compris que ici ni les clignotants ni les feux ne régnaient, tout ce fait au culot et à la voix. Une sorte d’accord tacite entre les deux parties. Je découvre également les bouchons de Dar Es Salaam, c’est simple en 10 min, tu fais 30 mètres puis en 2 autres tu en fais 500. Pourquoi ? Je ne sais pas du tout.

Il nous a donc fallut 1h30 pour rejoindre le lieu de l’association, petite pression en arrivant, le portail s’ouvre sur une cour avec des enfants qui ont air d’avoir entre 4 et 6 ans. Ils regardent tous le véhicule et doivent se demander ce qu’il se passe. Quand j’ouvre la porte, ils viennent autour de moi et me prennent la main. Bizutage terminé. Ils me parlent en Swahili, moi en Anglais, inutile de dire que nous n’avons rien appris les uns des autres. J’ai quand même fait la connaissance de Harry, un petit écolier qui s’est trouvé pour passion de frapper les voitures à l’arrêt, c’est devenu mon pote, Harry Pote’R.

Je rencontre ensuite les responsables de l’association, les autres volontaires. Tout ceci m’a l’air fort sympathique. On me montre ma chambre, et là je me suis dit « bah écoute tu as voulu partir à l’aventure seul en Afrique, tu as ce que tu voulais ». J’ai connu le dortoir asiatique et slave, la version Africaine n’en a rien à envier. Il y a ce qu’il faut, lit, moustiquaire, ventilateur. La base, le strict nécessaire, rien de plus. Petit spoil, j’apprendrai plus tard dans la journée que l’eau ne fonctionne pas tout le temps et quand c’est le cas, le débit est très limité. Ceci en tête, on peut donc en venir au sanitaire. Pas de chasse d’eau, pas de douche, un robinet qui marche et un sceau. L’équation se fait rapidement, sceau + eau = douche + chasse d’eau.

Au final, on y arrive bien, enfin je dis ça maintenant car je suis seul dans la chambre, mais le moment où nous seront 4, ça va être une autre paire de manche.
Nous avons notre première réunion pour nous présenter le projet et toutes les choses à savoir sur le fonctionnement locale. Après ceci nous voilà parti pour un petit tour dans le quartier. Il fait chaud. Une route goudronnée qui vient du centre-ville, le reste n’est que chemin de terre parsemé de trous. Comme un champ de bosse au ski, sauf que cette fois, tu ne skies pas, tu roules. On décide de marcher pour le moment. Chose assez notable dans le quartier de Bahari Beach, les riches côtoient les pauvres. C’est-à-dire qu’il peut y avoir de grandes villas et juste en face de bidonvilles. Après 30 minutes de marche, nous arrivons à un centre commercial, je dois retirer un peu d’argent. Le premier distributeur ne marche pas, le second non plus, le troisième non plus. Les banques n’ont pas encore remis d’argent dedans. Pas grave, j’ai attendu 35 min pour retirer au seul qui marchait, on s’acclimate, doucement mais sûrement. D’ailleurs, ça pourrait être une bonne définition de l’African Way of Life, hakuna matata comme qui disent.

Arrive le déjeuner, nous prenons la direction d’un restaurant. Nous sommes un petit groupe de 7, trois finlandaises, une chinoises, deux locales et moi-même. Tous très sympathiques. Une chose que j’ai oublié de dire et qui est au final, le plus important, chaque personne que j’ai croisée, depuis l’aéroport jusqu’à ce restaurant ont toujours eu le sourire, c’est une chose vraiment agréable.
Poulet / riz pour commencer, accompagné d’une bière Tanzanienne. Le tout est excellent, je laisse juste sur le côté les deux trois légumes pas cuit, la tourista, ce n’est pas pour maintenant. Un repas qui revient à 1€ 50, pas cher. Nous décidons de rentrer au dortoir pour le reste de la journée. Un retour en taxi, le tuc-tuc. Nous passons à travers un village construit avec des matériaux de récupération, une petite ville en bois et en taule. Le champ de bosse arrive, tranquillement, avec un gros bonus à la fin. Je croise le regard de mon voisin qui est un local. Il me regarde et me dit « Africa » avec un grand sourire. J’ai trouvé que ceci était un bon résumé de la situation.

Une sieste en guise d’après-midi et nous pouvons diner tous ensemble. Les petits déjeunés, déjeunés et diners sont cuisiné par l’association. Chaque repas à son plat, en alternant entre international et Tanzanien. La soirée sera courte pour moi, je n’ai pas dormi de la nuit, je me couche donc. Demain je passerai ma première journée à l’orphelinat. Cela risque aussi d’être fort en rebondissement.
Longue journée, pleine de surprises. J’ai pu confirmer qu’il règne un certain manque d’organisation ici, tout prend trois fois plus de temps qu’ailleurs. Cependant, j’ai également pu confirmer que les gens ,ici, sont tous souriant. Ils sont conscient que l’herbe est peut-être plus verte ailleurs et alors ? Ils ne peuvent rien y faire dans l’immédiat, ils vivent comme cela, hakuna matata.

www.visiterlafrique.com - Franck Douves

Récit : Thomas Avoirte

Photos :  Colin McMechan et Frank Douwes