Bon bah voilà on y est, premier jour de volontariat. Petit déjeuner et on est partit pour rejoindre l’orphelinat. Un établissement situé à 35 min à pied de notre lieu de résidence. Je pars avec une team leader, pour le moment je suis seul dans mon projet. Ça va donc se jouer entre les enfants et moi-même pour la première semaine. L’orphelinat accueille surtout des enfants qui ont entre 4 et 6 ans, mon projet, lui, consiste à me rendre sur place le matin pour y dispenser des cours d’Anglais ainsi que de Mathématiques et l’après-midi pour y jouer avec les enfants, balançoires, tour sur le dos et autre activité ludoéducobriseusededos. Pour les cours, je ne fais que les bases, on laisse les équations à doubles inconnues pour le mois prochain.

Donc, nous arrivons sur place, le portail s’ouvre sur la cour de l’orphelinat, premier constat, architecture locale. C’est rudimentaire. Une vieille femme vient vers nous, c’est la Mama des lieux. La doyenne qui n’oublie jamais de nous remercier le matin pour l’aide que nous apportons et pour ce que nous faisons. Une accolade et on avance. Nous arrivons à la salle de classe, je ne fais pas le malin. Une quinzaine d’enfants, en uniforme vert. Les yeux grands ouverts à nous fixer. Présentation à Master Ester, l’accompagnatrice. Elle m’aidera pendant mes premiers cours en tant que traductrice de Swahili. « I’m introducing you Teacher… Thomas, he is going to help us for a month, say hello » « Hello, teacher Thomas!! » Bien trop d’honneur. Me voilà officiellement professeur dans un orphelinat Tanzanien. Nous sortons de la classe pour que je voie les autres parties de l’orphelinat. L’église, lieu de prière et les dortoirs. Pas plus de quatre lits, les enfants dorment à plusieurs dedans, économies de places. Nous revenons à la salle de classe.

Grand moment. Nous nous installons sur une petite table à l’écart. Ester continue sa classe, se tourne vers moi et me demande si je veux bien faire mon premier court maintenant. Petit rappel, je n’ai jamais donné aucun cour, je n’ai jamais travaillé avec des enfants, je n’ai rien préparé et tu veux donc que je vienne devant 15 petits enfants tanzanien et que leur enseigne l’anglais. Ai-je le choix ? Je n’ai pas tellement l’impression. Quand faut y aller, il faut y aller. Direction le tableau noir, je n’ai aucune idée de qu’il va bien pouvoir se passer. Je saisi le premier livre, Alphabet, parfait. On va donc commencer avec le A. J’avais entendu la veille qu’un groupe de musique Tanzanien devait se produire dans un bar. Si les gens ne dansaient pas, ils jouaient simplement plus fort. Adaptation, improvisation. Ils répètent ce que je dis, je le dis plus fort et il le crie. Je note une certaine fascination pour le Lion, ils ont voulu le caler à presque toutes les sauces. Pion, Kion, Mion, Tion, j’en passe et des meilleurs.

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Fini l’anglais, mathématiques ? Bah au point où j’en suis, on est parti. Nettement plus simple. Je pose des additions sur le tableau, à eux de les résoudre. Petit point noir, le niveau de la classe est assez disparate. Un coté sait résoudre les équations, l’autre ne sait pas faire les chiffres. Je dois donc passez voir chaque enfant pour leur faire faire des lignes d’écriture. Je n’avais jamais compris le problème des classes surchargées, il prend tout son sens ici. « teacher » par-ci, « teacher » par là. C’est sportif. La team leader, m’interpelle pour rentrer. Sauver par le Gong. Seulement pour 24h, demain, j’y retourne, seul cette fois.

Rebelote, petit déjeuner et on est parti. Il est 9h15 quand j’arrive, ouais je me suis un peu perdu en route. Le cours a déjà commencé, c’est du Swahili. Je me dis que c’est bon, j’ai quelques temps pour penser à ce que je vais faire. Oui je ne l’ai pas fait la veille – Aparté – J’ai découvert la nightlife de Dar Es Salaam. Enfin, je suis allé au bar d’en face. Le seul blanc du bar. Ambiance Rap US, lumière tamisée. Serein. On pourrait ne pas se sentir à l’aise mais au final les gens ne mettent pas très longtemps pour venir parler. « Where you come from ? » S’en suis poignés de main et accolades. “How man, that’s great, hope you’ll enjoy your time in Tanzania” Quand je disais que les gens étaient vraiment détente dans ce pays, et bien, c’était vrai. D’autres volontaires arrivent. On commande deux bouteilles de Kunyaky, l’alcool locale. Deux bouteilles dans un bar, 20 000 TZN soit 8€. Comme quoi l’inflation, c’est du pipeau.

Enfin, tout ça pour dire qu’au final je commence mon cours immédiatement. Improvisation, craie, tableau, alphabet. On est partit sur les mêmes bases pour cette matinée. Vers 11h30 les enfants prennent une petite collation, une sorte de mixture blanchâtre avec des grumeaux. Je croise le regard d’Ester, Ô quelle erreur. Ce que je redoutais arriva. « Do you want to try thomas, it’s really good ». Coincé entre deux chaises. Soit je dis non et clairement ça passe mal, soit je dis oui et je peux dire bonjour au sceau. « Yeah, let’s try ». Une bouteille en plastique coupé en deux en guise de verre, de près, c’est encore plus bizarre. Vamos, première gorgée, ça sent l’eau de riz, les grumeaux passent dans ma bouche, le relant est là. Mais après quelques gorgés, je me plais à cette nouvelle boisson, il est toujours bon de tester de nouvelles choses.

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Tous les enfants ont fini, Ester me regarde. « Thomas you are slow ». Slow, slow, je voudrais bien t’y voir toi, c’est ma première. Grande inspiration, grosse dernière gorgée et c’est finis. La fin de la matinée arrive, petite discussion avec Ester qui me remercie de l’aide que l’on apporte. C’est touchant. Le reste de la semaine sera à peu près la même chose, cours, plages, jeux avec les enfants, exploration de Dar Es Salaam.

La première semaine se termine, bilan plutôt positif. Certain moment peuvent être assez compliqué à gérer. Tout est tellement différent, la Tanzanie est l’un des pays les plus pauvres au monde et clairement on le voit. La misère est présente tant dans les rues que dans l’orphelinat. Le dépaysement est totale, bien plus présent que quand j’étais en Asie ou dans mes autres voyages.
Une chose, vraiment positive, les enfants de l’orphelinat sont vraiment super. Ils écoutent bien en classe, font leurs devoirs, se contente d’un petit tour de « teacher dada » comme jeu, en espérant que je puisse leur faire apprendre l’anglais et les bases des mathématiques.

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Thomas Avoirte