Après une quinzaine de jours à Cotonou, j’avais envie de retrouver le calme de Porto-Novo.

Porto-Novo est la capitale officielle du Bénin. Elle est beaucoup plus calme que Cotonou, la capitale économique. Les deux villes sont éloignées d’une trentaine de km ; on peut les relier facilement en taxi (minibus).
Je trouve que Porto-Novo a plus de charme. De mon point de vue, son charme réside dans
• son architecture : le centre ville est un mélange d’architecture coloniale et afro-brésilienne
• la lagune
• ses musées
• l’atmosphère qu’il s’en dégage
En arpentant ses rues, on peut parfois avoir l’impression que le temps s’y est arrêté.

L’architecture afro-brésilienne
Le Bénin, comme d’autres pays du golfe de Guinée, a été une source importante du commerce triangulaire.
Des descendants d’esclaves affranchis, les Agudas, sont rentrés sur les terres de leurs ancêtres, notamment à Ouidah et Porto-Novo, et ont construit des bâtiments semblables à ce qu’ils avaient connus au Brésil.
J’ai appris, lors d’un voyage en Espagne où j’ai rencontré un Brésilien (et oui, le monde est petit !), que l’une des mosquées de Porto-Novo était semblable à l’une des églises de Salvador de Bahia au Brésil.
D’où cette architecture afro-brésilienne. Et les noms de famille à consonances portugaises ou brésiliennes au Bénin, qui viennent donc soit des Portugais ayant exercé le commerce du Bois d’Ebene à Ouidah, soit des descendants d’esclaves ayant pris le nom de leur maître.

L’architecture coloniale
Le roi Toffa de Porto-Novo fût celui qui signa avec les Français le traité de Protectorat qui ouvrit les portes à la colonisation française. C’est pourquoi les Français firent de Porto-Novo la capitale du Dahomey (ancien Bénin).

La lagune
La lagune de Porto-Novo participe à son atmosphère, tranquille. Contrairement à l’Atlantique qui bat les plages de Cotonou (aka Koutonou, le fleuve qui apporte la mort), la lagune a plutôt sur moi un effet apaisant.

Les musées
Loin de moi l’idée de vous faire une liste exhaustive des musées intéressants à Porto-Novo… Le « problème » des vacances en famille, c’est qu’on reste… en famille ☺.
Je peux néanmoins vous parler :

• du Musée da Silva : intéressant de mon point de vue pour son architecture… afro brésilienne bien sûr, l’histoire de la famille racontée par le guide , ainsi que pour les objets qu’il renferme

• le palais Honmè, que j’ai eu la chance de revisiter cette année. Il s’agit du palais des rois de Porto-Novo. La visite guidée vous permettra d’essayer de comprendre la personnalité de Toffa, l’organisation de la société Porto-novienne, l’organisation du royaume de Porto-Novo avec les différents rois qui y ont régné.
Petite note en passant : je trouve très appréciable qu’au Bénin, les visites de musée soit systématiquement guidées (enfin, je suppose que vous pouvez refuser), ce qui rend la visite interactive, ludique, et du coup beaucoup plus intéressante.

Bien sûr à Porto-Novo, il y a aussi des marchés, comme le grand marché, du centre ville, près de la place Toffa, ou Bayol, c’est selon ; le marché de Djassin à Tokpota, le marché de Ouando (un peu le Tokpa de Porto-Novo) … Enfin là j’exagère car rien ne rivalise avec Dantokpa !
Depuis Djassin, on peut prendre une pirogue et naviguer vers les villages lacustres des Aguégués. Je ne connais pas Ganvié, la Venise africaine, mais je suppose qu’on reste dans le même esprit.

J’allais oublier de vous parler de Songhaï !
Songhaï est un projet d’agriculture intégrée créé par un prêtre nigérian. En gros, ce projet repose sur le principe de l’autosuffisance et sur celui de Lavoisier : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !
Tout ce qui est utilisé à Songhaï y est produit et les déchets sont réutilisés pour servir d’engrais.
C’est un beau projet d’agriculture biologique et durable. Des produits finis tels que confitures, sirops, savons, huiles, y sont élaborés et je vous conseille de faire le plein de bonnes choses avant de rentrer !

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