Voilà ce que m’a inspiré mon beau pays le Bénin quand je suis rentrée en décembre 2015 pour une mission du PNUD. D’habitude quand je vais au Bénin, c’est pour faire la touriste et me reposer, mais depuis un moment je n’y vais que pour le travail et mine de rien cela me permet de mieux observer mon pays.

 

Donc je disais, je suis rentrée en décembre 2015 pour le travail mais aussi pour passer les fêtes de fin d’année. A peine arrivée, je suis toujours aussi surprise par le dynamisme de ce pays. Tout bouge, le Bénin bouge et les béninois avec. La ville est animée, des lumières aux voitures et aux conducteurs de taxi moto communément appelés « kékénons » en passant par les passants. Chacun à sa manière se bat pour construire le pays. C’est important de souligner cela parce que très souvent j’ai entendu dire par certaines personnes que les africains sont fainéants et qu’ils ne veulent pas travailler pour développer leur pays. Le Bénin et tous les autres pays de la sous région que j’ai visité m’ont prouvé le contraire.

 

Cotonou est éclairée, OUI elle est enfin ECLAIREE, il n’y a presque plus de délestage. Je trouve même des fois qu’il y a trop de lumière mais c’est ce qui fait le dynamisme de cette ville.

 

J’ai atterri un vendredi. Comme toujours la température est élevée malgré la saison dite « fraîche » et l’accueil est toujours un moment fort pour moi, c’est cette sensation d’être à sa place, chez soi même si je me considère comme citoyenne du monde. Par contre l’aéroport vous permet de vous préparer à être patient. Au Bénin il faut être patient, très patient.

 

Je suis rentrée en voiture chez moi et le samedi c’était parti pour ma matinée de travail.

Cotonou, la dynamique_IMG_1273

La tradition est de prendre au petit déjeuner des massas chez la vendeuse en face de l’ancienne pharmacie de Sègbéya à côté du Cabinet dentaire de l’église catholique Sacré Cœur. Je suis abonnée à cette vendeuse depuis mon enfance, elle ne sourit jamais mais fait les meilleures galettes de maïs. Elles sont faites de deux façons soit croustillantes, soit molles. La vendeuse se souvient toujours de moi et c’est la deuxième chose qui me touche le plus quand je vais au Bénin. Refaire tous les matins le chemin de mon enfance pour prendre mon petit déjeuner chez des visages familiers.

 

J’ai eu l’honneur d’avoir à ma disposition, une 4×4 avec un chauffeur. Mais tout ça ce n’est pas pour moi. Au Bénin j’ai pour tradition de circuler en « kékénon » (taxi-moto). Alors ma maman m’a proposé de mettre à mon service un « kékénon » qui m’amènerait pour faire mes courses, aller travailler, etc. Mon « kékénon » s’appelle Wahid, il est devenu mon grand-frère. Il m’a appris comment fonctionnait le système des « kékénons » (je vous le raconterai dans un prochain article) et il m’a fait découvrir pendant mes temps libres son « Cotonou » à lui, mon désormais Cotonou.

 

Wahid me dépose devant le PNUD qui se trouve au camp Ghézo. J’avais tellement hâte de rencontrer ma nouvelle équipe, de travailler dans mon pays et pour mon pays. Travailler en Afrique est une de mes meilleures expériences professionnelles. Parfois c’est difficile parce qu’on est heurté par les différences de mentalités mais rien ne vaut la paix que l’on ressent d’être chez soi et de participer à l’essor de son pays. Souvent la question qu’on me pose au boulot est de savoir pourquoi une petite comme moi qui n’a pas encore fini ses études vient travailler en Afrique avec tous ses problèmes. A moi de répondre, chacun quelque soit son âge, ses expériences doit être conscient que nous sommes les bâtisseurs de l’Afrique de demain. J’aime mon pays, j’aime mon continent et je veux le voir GRAND, si depuis ma petite place je peux agir pour cela je le fais. Il faut que nous croyions en nos potentiels tout en faisant parti de ceux qui construisent l’Afrique.

Cotonou, la dynamique_IMG_1288

D’ailleurs j’ai eu l’honneur d’être reçue par l’architecte Jean Paul Houndeffo qui a osé le Bénin, dans son atelier à Hindé (derrière Tokpa) pour parler de mon parcours professionnel à ses employés et les inspirer davantage à croire en eux. Ce moment m’a beaucoup inspiré parce que j’ai beaucoup appris de ces derniers mais j’ai essayé de partager avec eux ma passion pour l’Afrique et pour le Bénin.

 

Le travail que je fais me permet de rencontrer les visages du Bénin, d’aller vers eux, de les écouter, de défendre leur projet et leur rêve. Il m’a aussi permis de rencontrer une jeunesse qui se bat pour faire avancer les choses, je pense à Ulrich Sossou de Tekxl, à Mylène Flycka, à Yannick Folly, Francos Aihonnou, Jean Paul Houndeffo.

ICotonou, la dynamique_MG_1310

Ce travail me permet de découvrir un peu plus ce pays, ses régions, ses multitudes de culture et d’avoir une approche avec les religions de nos ancêtres.

 

L’Afrique c’est aussi cela, un continent spirituel. L’endroit où l’on peut se retrouver soi-même et sentir que nos ancêtres sont avec nous. Quand je suis allée dans la maison familiale de mon père à Ouidah, le chef de famille m’a dit « Quelque soit où tu vas, n’oublie jamais de venir remercier tes ancêtres parce que leurs esprits t’accompagnent partout ».

 

Je vous donne rendez vous dans les prochains articles pour partager avec vous mes voyages dans certaines localités du Bénin, ma descente à Lomé, vous présenter les marchés de Saint Michel et Ganhi, les « kékénons » et beaucoup d’autres choses… !

Cotonou, la dynamique_IMG_1285

Cotonou, la dynamique_IMG_1293

Cotonou, la dynamique_IMG_1357