Découvrir Ouidah c’est partir sur les traces de l’histoire séculaire qui lie le Brésil au Bénin. Ouidah, petite ville côtière au Bénin, Ouidah et sa terre rouge, Ouidah ville où le syncrétisme culturel prend tout son sens. Lorsqu’on pénètre Ouidah, on découvre la route des esclaves, route sur laquelle des milliers d’esclaves marchaient avant d’atteindre la plage où les attendait les bateaux pour le Nouveau Monde. L’histoire est fascinante, la route des esclaves est encadrée par les statues des amazones, connues pour leur bravoure contre les français sous le roi Béhanzin. Le convoi des esclaves commence au quartier Brésil où se situe la grande demeure de Chacha 1er, Francisco Félix de Souza, d’origine portugaise et amérindienne, venu faire fortune sur les côtes du Bénin. Il fut intronisé « Chacha », titre honorifique attribué par le roi Ghézo 1er au 18ème siècle. Francisco fut intronisé « Chacha » pour avoir aidé le roi Ghézo à renverser le roi Adandozan.

Des intrigues politiques du royaume d’Abomey, il reste la grande demeure de Chacha, dont le titre a survécu aux siècles, pour être transmis aux descendants de Francisco. Cette demeure porte le nom « Singbomé » qui signifie littéralement en langue fon « dans l’étage » et de manière plus claire « la maison à étage ». Le Chacha actuel y vend un livre d’histoire sur la vie du premier Chacha, sur sa descendance, et sur la culture noire de Salvador de Bahia qui s’est implantée dans tous les domaines, et surtout dans le domaine culinaire. Qui veut déguster une Féjoada, ou un Koussidou à Ouidah est bienvenu à Singbomé.
Devant Singbomé se trouve l’arbre du non-retour, arbre autour duquel tournaient les esclaves afin dit-on doublier à jamais leurs racines une fois partis. L’architecture Bahianaise est très présente à Ouidah et le quartier Brésil est certainement le plus grand de la Ville. Au-delà de l’aspect historique, Ouidah étonne: devant le temple des Pythons se tient la Basilique catholique de la ville. Le terrain de la Basilique a été donné par les prêtres du temple des Pythons.

La ville est petite. Ci et là on y trouve des commerces et des restaurants. La ville compte même un institut prônant le retour des afro-descendants (descendants des esclaves partis) en Afrique. La vie à Ouidah est peu chère, moyennant quelques francs CFA, on peut y acheter ce que l’on désire. C’est aussi une ville internationale grâce à son Institut des Sciences Endogènes, université fréquentée par des béninois et de nombreux internationaux pour apprendre l’art de la philosophie africaine et des traditions locales. Pour les passionnés d’art, n’hésitez pas à faire un tour à la Fondation Zinsou sur les arts africains, fondation dirigée par la fille de Lionel Zinsou.

Alors, partant pour visiter Ouidah?

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Credit photo : JBDodane