Au cours de la saison des pluies, les flancs des collines du Fouta Djalon se transforment en autant de mers végétales que le moindre brin de vent anime en d’innombrables vaguelettes, souples et légères.

Au cœur de ce majestueux ballet, une plante frêle, fragile joue les premiers rôles. Elle joue bien la comédie cette herbe, presque insignifiante, qui se fait passer pour « folle ».

Et pourtant ….

Elle porte à son sommet des grappes, qui sont essentielles à la vie dans ces contrées accidentées. C’est à l’heure de la récolte, qu’elle dévoile toute son importance. Dans cette période elle se fait malmener, secouer, écraser, pilonner.Suite à ce traitement de choc, elle libère ses minuscules graines.

Au final, les mers végétales se sont évaporées pour se muer en autant de bancs de « graines » de sable, exposées au soleil. Un peu de repos pour ces graines avant d’être la victime de féroces appétits ….

Et oui je suis une céréale, je ressemble fort à un grain de sable, le sable du Fouta Djalon. Je suis, je suis …… le FONIO.

Le fonio, cultivé dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, se consomme après un traitement assez long. Il est  lavé, trié, éventuellement grillé puis consommé comme un couscous, accompagné d’une sauce arachide ou autre. Légère, peu calorique, sans gluten, cette graine est intéressante à bien des points de vue.

Le fonio était la base de la nourriture au Fouta, mais aujourd’hui le riz l’a partiellement supplanté. Il reste malgré tout très consommé notamment lors des cérémonies et fêtes rythmant l’année.

Et demain ? Et bien, le fonio semble promis à un bel avenir.

Voir le film ci-dessous

Patrick Madelaine de Fouta Decouverte