Conakry, c’est une presqu’île. La ville est construite sur l’île de Tombo, dans l’Océan atlantique. On m’avait beaucoup parlé des îles de Loos. C’est un groupe d’îles situées au large de la capitale Guinéenne. Les îles de Loos comprennent trois îles, Tamara, Kassa et Roume. Kassa est la plus proche de Conakry. On me disait que du bien de cette île. Alors, j’ai voulu voir ça de mes propres yeux.

Au lendemain du nouvel an, j’ai demandé à ma cousine de m’y accompagner. Nous avons pris un taxi en direction du Port de Boulbinet, (c’est là-bas qu’il faut se rendre pour aller à Kassa).

Arrivée sur le port, on voyait plusieurs pirogues (à Conakry, les ports ne manquent pas, l’activité portuaire est le principal secteur économique de la ville). J’aime beaucoup la vie sur les ports. On assiste à un véritable spectacle. Ça grouille de partout. Il y a plein d’activités. D’un côté on retrouve les tisseurs de filets de pêche, puis de l’autre côté des pêcheurs, des poissonniers et des armateurs. Ça travail, ça se bouscule, ça va vite, l’activité bat son plein !

Avec ma cousine, nous nous sommes directement dirigées vers les pirogues. Mais pour se rendre sur l’île, il y aussi des locations de bateaux, c’est plus sécurisé. Cependant, si vous aimez l’aventure comme moi et bien la pirogue, c’est plus sympathique ! On se retrouve avec plusieurs passagers, ce sont souvent des habitants de Conakry ou de Kassa. Les pirogues disposent de gilets de sauvetage et d’un moteur.

Le système est similaire aux taxis. La pirogue ne démarre qu’une fois pleine. Mais il y a également des pirogues dites « déplacements ». Ça veut dire que vous embarquer seule sans aucun autre passager. Cela coûte plus cher, le prix varie entre 50 000 et 120 000 francs guinéens (5 à 12 euros) contre 5 mille francs avec les passagers (50 centimes d’euros).

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Après avoir trouvé la bonne pirogue, nous nous sommes installées sur des sortes de tranchées qui faisaient office de banc. Nous avons mis nos gilets de sauvetage et nous étions enfin prêtes pour le départ !

Moi j’étais trop excitée à l’idée d’être dans une pirogue ! Ma cousine, me regardait avec un air pas très rassuré. Je pense que c’était la première fois qu’elle prenait la pirogue et surtout qu’elle allait à Kassa, c’est pourquoi elle avait l’air si inquiète…

Je voulais profiter de chaque seconde, alors je m’étais assise sur le bord de la pirogue, pour avoir la vue sur l’immensité de la mer.

Le moteur démarra, nous quittâmes la rive et là je voyais Conakry s’éloigner.

C’était beau, on voyait le Palais des Nations, les cocotiers et les maisons de la capitale. Ça faisait penser à la Floride, « une Floride à l’africaine » comme l’écrivait Camara laye dans le Dramouss.

La pirogue était rapide, on voyait des mouettes et des oiseaux pécheurs plongés sur leurs proies. J’étais émerveillée. De temps en temps, je me retournais pour regarder le jeune homme qui ramait. Il avait le regard dirigé vers l’horizon et ramait avec une souplesse étonnante.

Guinee_kassa_3Enfin, nous arrivâmes à Kassa. C’est fou comme c’est différent, c’est à 20 minutes de Conakry mais on a l’impression d’avoir changé de pays. Il y a beaucoup de verdures, des montagnes, des cours d’eau et des petites plages. L’île à des allures d’île sauvage, c’est vraiment magnifique. J’ai remarqué que l’endroit était surtout fréquenté par des jeunes couples ou des artistes qui venaient tourner leurs clips.

Nous ne sommes pas restées très longtemps à Kassa. Il était déjà 16h lorsque nous étions arrivées et le prochain bateau repartait à 18h.

Oui, car pour le retour, nous avions pris un bateau. Mais pas un bateau de location, c’était un bateau qui embarquait plusieurs personnes et là je ne vous raconte pas l’aventure.

Lorsque le bateau est arrivé à quai, il n’y avait pas de quoi descendre, c’est-à-dire de petite marche. Du coup, les gens sautaient par dessus la rambarde. C’était incroyable. Ma cousine me regardait, je lisais dans ces yeux l’inquiétude. Mais bon on n’allait pas rester là, jusqu’à la tombée de la nuit ! Alors je lui ai dit : « faut qu’on saute comme les autres » !

Au final, nous avions eu beaucoup de chance, deux jeunes hommes nous ont portés jusqu’au bateau. Je pense qu’ils avaient compris que nous n’étions pas du coin.

Guinee_kassa_4Le bateau ressemblait au Ferry qu’on prend à New York pour se rendre à Staten Island, mais en plus petit… Le ticket pour ce ferry nous coutâmes 5 mille francs guinéens.

Arrivée au Port de Boulbinet, c’était la même chose, il fallait sauter pour arriver sur le quai. L’ambiance était très festive, les gens riaient, la musique et les chants se faisaient entendre de partout. C’était vraiment très drôle, j’ai beaucoup ris !

Un peu plus tard une amie, m’a expliqué qu’il était plutôt conseillé de prendre une location de bateaux pour se rendre sur les Îles. C’est plus sûr. Mais bon, moi j’aime bien me fondre dans la masse, et pour le coup je ne regrette rien. J’en garde que de bons souvenirs, mais ma cousine je n’en suis pas certaine ahaha.