Entre les trois collines et le fleuve Niger, à 10 km de la ville de Niamey (capitale du Niger), sur la route de Torodi c’est à dire sur la route du Burkina Faso, se trouve mon village Kourteré. Il se situe sur la rive droite du fleuve Niger. C’est un des nombreux villages que compte le canton de Bitinkodji. Bintinkodji est un chef lieux de canton. Il est peuplé des peuls qui parlent la langue fulfulde et qui vivent de l’élevage et de l’agriculture. Les habitants de Bitinkodji, appelés les bitinkés viennent du Mali, de la région actuelle de Biti.

Visiter l'Afrique- Kourteré pirogue-Ali DIoffo

Visiter l'Afrique- Kourteré les vaches-Ali DIoffo

Kourteré compte aujourd’hui 500 à 600 foyers et dans chaque maison vivent 15 à 20 personnes. C’est un village paisible, bordé par le désert et par le fleuve Niger. Les peuls sont des éleveurs de bétail, ils ont des troupeaux de chèvres, moutons, volailles et de vaches. Nous avons beaucoup d’affection pour les vaches, nous vivons en parfaite harmonie avec elle. On y pratique aussi de l’agriculture saisonnière: des fruits et des légumes. J’aime beaucoup mon  village! Kourteré est un village princier. La légende raconte que trois princes quittèrent la région de Biti et occupèrent trois villages dans le canton actuel de Bitinkodji. Seuls les descendants de ces princes, ont droit au trône. Ma mère était fille d’une descendante de princesse, fille d’un roi.

Ma grand mère était la plus belle et douce femme de Bitinkodji. Elle avait une allure de princesse et un corps de fée car elle forme les deux, une fée et une princesse en même temps. Une beauté si douce et pleine de tendresse. Une beauté peul !!! Elle aimait nous conter des contes peuls, dans sa case, autour du feu de bois que j’allumais pour nous réchauffer et éclairer la case. J’aimais tellement, tellement ces contes, des contes avec des animaux qui parlent et qui chantent, comme dans les contes d’Amadou koumbo. Cette femme s’appelait Soumaye Baba Ko. Je me rappelle encore d’elle, comme si c’était hier. Sa case était à l’entrée du village et il y avait toujours à manger et à boire, à chaque moment de la journée. Elle accueillait tout étranger qui se rendait au village et le traitait comme son fils préféré. Elle faisait la fierté de ce village! Elle était si douce, pleine de bonté et de gratitude. J’ai eu des vraies larmes, le jour de sa mort. Quinze ans au coté de cette présence emblématique, c’est trop peu.

Que ton âme repose en paix Aiya !

Visiter l'Afrique- Kourteré fleuve niger-Ali DIoffo


Visiter l'Afrique- Kourteré Hippopotame-Ali DIoffo

Visiter l'Afrique- Kourteré greniers de mil-Ali DIoffo

Visiter l'Afrique- Kourteré dune-Ali DIoffo

Visiter l'Afrique- Kourteré allumer le charbon-Ali DIoffo

Visiter l'Afrique- Kourteré coucher de soleil-Ali DIoffo

Ali Dioffo