Iwol est sur une montagne aux versants de champs verts et blanc de coton sur les étendues rougeoyantes des cultures de bissap et les roches dolérite qui dominent tout le pays Bedik. La vue imprenable qui s’étend jusqu’aux frontières de la Guinée-Conakry et au-delà.

 

 

Nous pouvons retracer tout notre itinéraire et nous remémorer les moments incroyables et uniques que nous  venons  de vivre sur ces terres sauvages. Les levers avant l’aube, quand la Croix du Sud est couchée sur l’horizon, l’odeur du pain cuit dans la braise,  la complicité avec des chasseurs qui nous accompagnent, les départs en 4×4 dans une savane bruissant de vies  qui s’éveillent. Ainsi que le parfum de la parkia biglobosa, des caicedrat en fleurs, douceur des vents, ciels immenses,  chaleur plombant du soleil au zénith, spectacle de tant d’animaux qui vaquent à leur quotidien en totale  harmonie et nous acceptent dans leur univers. Le regard majestueux des élans de Derby, promenades du soir, les couchers de soleil flamboyants, éveil des vies nocturnes, le cri déchirant des Chimpanzés,  veillées qui se prolongent autour du feu,  que montent dans le ciel les étoiles australes : Fomalhaut, Phénix, Al-Naïr. Vision biblique du mont Assirik  sanctuaire de la nature sénégalaise.

 

 

 

 

On se déplace en 4X4, à son rythme, afin de mieux s’approprier celui de la nature. Le Sénégal oriental est une région de contrastes  par ses reliefs et l’infinie variété de couleurs de ses paysages. Ici l’aube tient toujours ses promesses et l’on ne manquerait pour rien au monde le spectacle de l’éveil des animaux dans un décor qui évolue d’un flou bleuté vers des nuances  de rose et d’orangé, puis étincelle, net et éblouissant jusqu’au déclin du soleil. Une piste de terre rouge s’interrompt dans le parc Niokolo-Koba.  L’hôtel est installé à Simenti, situé en bordure du fleuve Gambie au cœur du parc. À proximité des caïlcédrat, rônier et baobabs dont les fruits enivrent les singes verts. Le guide nous aidera à décrypter leur comportement,  en fonction des mouvements de leurs oreilles, de leur queue.

 

 

 

 

Ici commencent la grande confrontation, l’abandon. Dans le ciel, les nuages dessinent des figures où se posent les pensées. Les repas succèdent à la magie du crépuscule et l’on retient son souffle, on guette les bruits, on interprète les craquements,  les cris qui rompent le silence. La nuit est dense, elle semble épaisse, propice au frisson, on renoue avec la peur ancestrale du noir et plus confusément  avec celle du lion d’Afrique, de la bête sauvage. L’émerveillement suivant sera baigné par la fraîcheur, on s’installe sur les bords du fleuve Gambie. Cette réserve d’eau permanente agit comme un appât pour les animaux qui vivent ici de façon sédentaire.

 

 

 

C’est l’unique lieu au Sénégal où l’on peut voir les hippopotames. Des Cobs de Buffon, des guibs harnachés passent paisiblement tandis que des crocodiles du Nil se prélassent dans les points d’eau. En route vers le mont Assirik la piste d’herbe sèche ressemble au pelage d’un mammifère géant, la trace des roues à d’énormes griffures. Le Mont dresse une silhouette qui apparaît de loin comme desséchée. Le relief est composé de ces larges plateaux cuirassés, les « bowé » en langue peule, parcourue chaque année par le feu. En saison des pluies pourtant, ils se couvrent de l’un des meilleurs pâturages de la région. C’est la zone du parc qui est le véritable sanctuaire de la nature.