Répartis sur un vaste territoire de 350km de long et 100km de large, les cercles mégalithiques constituent un bien transfrontalier du Sénégal et de la Gambie. Sur les 1987 sites inventoriés, quatre ont été retenus pour l’inscription au patrimoine mondial en 2006: les complexes de Sine Ngayène et Wanar au Sénégal, ainsi que Kerbatch et Wassu en Gambie, tous situés dans l’ouest du territoire mégalithique, la zone la plus dense en cercles avec une surface totale de 9,85 hectares.

 

 

Tous ces monuments forment la superstructure de tombes qui auraient été utilisées entre le IIIème siècle avant J.-C. et le XVIème siècle de notre ère. La grande quantité de cercles est une manifestation unique de constructions et de pratiques funéraires qui ont duré plus d’un millénaire et demi sur une zone géographique étendue, reflétant une société productive et sophistiquée. Les cercles de mégalithes sont les derniers vestiges de grandes nécropoles, représentant une véritable porte d’accès à une civilisation distincte qui n’existe plus en Sénégambie.

© Abdoulaye Ndao/LAYPRO

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La valeur universelle exceptionnelle de ce site repose en particulier sur un savoir-faire unique nécessaire à l’édification des cercles mégalithiques de Sénégambie, témoignant d’une technique précise et expérimentée. Il a en effet fallu une grande habileté technique et une bonne connaissance du matériau pour tailler les monolithes à la taille souhaitée, puis les extraire. Le transport et l’érection des monolithes, pour sa part, suppose au moins une bonne organisation sociale pour synchroniser les forces de travail nécessaires au déplacement et à l’installation des blocs qui pouvaient, dans certains cas, peser jusqu’à 7 tonnes.

 

Le mégalithisme spécifique à la région sénégambienne ne présente pas de lien direct avec d’autres mégalithismes dans le monde ou en Afrique même (Mali, Cameroun, Centrafrique, Nigeria, Ethiopie). Avec ses 52 cercles de pierres dressées et ses tumulus, le complexe de Sine Ngayène en est un bel exemple. Il est en effet l’un des sites les plus intéressants de par sa concentration de monolithes taillés et leur bon état de conservation, mais aussi à cause de la variété des alignements, la spécificité du double cercle localement appelé « tombe royale » et de la richesse du matériel archéologique trouvé lors des fouilles.

© Abdoulaye Ndao/LAYPRO

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Les pierres se trouvent toujours à leur emplacement d’origine, et dans la posture de départ. Quelques-unes même, qui étaient cassées, ont été remontées. Comme pour tous les sites inscrits au Patrimoine mondial, la protection et la conservation des cercles mégalithiques dépend aussi de
l’engagement des communautés locales riveraines. Aujourd’hui encore, des croyances spirituelles sont attachées aux mégalithes par les populations, ce qui les incite à respecter l’intégrité de ces lieux et aide à la leur protection.

 

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