21h05, arrivée à l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, à Yoff. L’air est humide et le thermomètre affiche une température de 20°c. Je suis anxieuse et stressée à l’idée de passer la frontière d’un pays d’Afrique que je m’apprête à découvrir durant mon stage de six mois dans un centre d’art: le Sénégal.

Premier contact avec une dame libanaise née à Dakar: je l’aide à remplir son formulaire d’arrivée. Reconnaissante, elle me présente à un jeune homme, Cheikh. Elle lui vante mes mérites puis lui suggère de me donner son numéro de téléphone afin de m’aider dans ma nouvelle aventure dakaroise.

La boucle de stress reprend de la vigueur, lorsque j’attends mes bagages et que les passagers rencontrés à Paris, me parlent en wolof avec connivence…

Ma valise retrouvée, je passe le contrôle final pour enfin aborder la dernière étape. Je dois retrouver le monsieur venu me chercher à l’aéroport. Un aller-retour au service des douanes, et deux appels plus tard, je le retrouve à l’extérieur, parmi la foule, une feuille de papier A4 blanche avec mes nom et prénom.

Les revendeurs de cartes SIM, les porteurs de bagages s’agitent autour des nouveaux arrivés, se mêlant à l’orchestre improvisé des alentours de l’aéroport, mené par les klaxons de voitures, le vacarme urbain et les échos de voix signant des retrouvailles entre proches.

Bienvenue à Dakar, où rien ne se gaspille mais se transforme, où le salut cordial illustre la mythique Téranga* sénégalaise, où les rires des enfants nourrissent les joies du voisinage.

Souvenirs

Degoul Wolof

 Ma principale difficulté est de parler la langue locale : le Wolof. Bien que l’on pense systématiquement que je sois d’origine sénégalaise à Paris et à Abidjan – lol – , à Dakar, je ne peux prétendre à cette fausse identité. « Je ne suis pas sénégalaise » et ne parle pas Wolof, mais l’optimisme de certains interlocuteurs justifie à tort mon affirmation. « Si tu sais dire degoul Wolof, cela veut dire que tu sais parler Wolof ! »

Une Parisienne dans la ville

Pour se rendre à une adresse, il est nécessaire de bien préciser les structures qui se trouvent à proximité. Pas de stations de métro en guise de points de repères. Mais quelle grande satisfaction lorsque je retombais sur mes pattes, retrouvant mon chemin toute seule.

Les chauffeurs de taxi

 Les chauffeurs de taxi dakarois sont les piliers de la ville. Je connaissais pas la ville donc prendre un car rapide – certes moins cher – relevait d’un réel challenge. Je me suis donc rabattue sur ces taxis jaunes qui donnent le rythme aux artères de la capitale. Il est nécessaire de s’entendre sur un prix – correct – avant de monter dans la voiture, de peur qu’il n’augmente au fur et à mesure que le chauffeur s’aperçoit…

de 1. Qu’on ne parle pas Wolof

de 2. Que le lieu d’arrivée est plus loin que ce qu’il pensait et

de 3. Que si on ne parle pas Wolof,

a)on est à Dakar en tant que touriste,

avec b)une bourse bien remplie, ce qui entraînerait une augmentation spontanée de la course, annoncée sur un ton tragique – comme s’il y avait un gros problème quoi!

Que de bons souvenirs avec ces chauffeurs de taxi d’un autre style : mention spéciale à la customisation de certaines voitures et dédicace à Max, mon chauffeur attitré !

Les vendeurs ambulants

C’est une super opportunité que de pouvoir acheter une piscine gonflable, un service d’argenterie, des jouets pour enfants ou encore des citrons verts sans avoir à descendre de la voiture dans on est installé. Surtout si l’on a un cadeau à faire, sur le chemin en allant rendre visite à quelqu’un.

C’est d’autant plus pratique lorsque l’on doit justement téléphoner afin d’avoir plus de détails sur l’endroit où l’on doit se rendre, alors que son compte téléphonique est à recharger. Un grand merci aux revendeurs de carte de recharge Orange qui m’ont sauvée la mise plus d’une fois.

vendeursambulants

Savoir pour croire : les proverbes et autre croyances

Quand tu te laves ou que tu es au toilettes, il ne faut pas chanter ni parler, tu tues ton ange protecteur, car il se retournera pour voir si tu n’es pas en danger or il n’a pas le droit de te voir nue.

Les hommes qui ont de grosses fesses sont des menteurs.

Il ne faut jamais serrer la main de quelqu’un que tu ne connais pas, il vole ta chance !

Je restais toute l’après-midi, confuse et redoutant une malédiction improbable. Rien ne fut… Mais j’ai toujours plus de mal à serrer la main des inconnus…

Ces nouveaux dictons ont augmenté mon taux de superstition en toute ironie.

Sénégal neex na !

Mon voyage à Dakar a été des plus constructifs. Avoir des projets pleins la tête afin de les monter dans un pays africain est une belle idée. Or, il est nécessaire de s’adapter à la réalité du pays concerné, à ses us et coutumes et sa réalité sociale.

J’ai pu constater que la Téranga* sénégalaise existe ! Accueillie chaleureusement, j’ai apprécié et découvert les meilleurs plats : poulet Yassa, Thiéboudienne, Soupoukanja…

Oui « Sénégal, neex na !» J’en ai pris plein les yeux à Gorée, sur l’Île de Ngor, à Saint-Louis, à Thiaroye-sur-Mer, Pikine et Thiès. Toutes ces images sénégalaises restent ancrées dans ma tête pour déconstruire un imaginaire collectif dénué de charme et de poésie.

* L’hospitalité sénégalaise

africanlinks_Ngor

 

Mes adresses :

Le Maquis des Allées

Allée Seydou Nourou Tall, Dakar

Raw Material Company

4074 bis Sicap Amitié 2; BP 22170, Dakar

Kër Thiossane

B.P 10664

Villa N°1695 Sicap Liberté II, Dakar

Waru Studio

Sotrac Mermoz, Dakar

La boîte à Idées / Wakhart

Gueule Tapée , Hlm, Dakar

Les Céramiques Almadies

Route des Almadies, tourné à gauche en face de l’hôtel Fana, Dakar

Buddhattitude Spa

Centre Commercial Sea Plaza Corniche Ouest, Dakar

Radisson Blu

Route de la Corniche Ouest, Dakar Fann 16868

Maison d’hôtes « Au Fil du fleuve » , Île sud, Saint-Louis

Waaw , artists’ residence

Rue Paul Holle x Blaise Diagne, Saint-Louis

Voilà, j’espère que mon partage vous donnera envie de Visiter le Senegal, à bientôt.

Virginie d’African Links