Plus de 200 îles recouvertes d’une végétation luxuriante composée de mangroves, palétuviers, baobabs, et fromagers : le Delta du Saloum, formé de trois bras principaux : le Saloum au nord (110km de long), le Bandiala au sud (18 km) et le Diombos entre les deux (30km), vous les offrent à bras ouverts.

 

Avifaune, flore et homme y cohabitent. Paysage culturel, le delta s’active dans la pêche, pilier économique de la zone. Pratiquée de manière traditionnelle en pirogue, avec des filets, la pêche tout comme le ramassage de coquillages n’est pas seulement une ressource capitale pour les populations estuariennes du Saloum, mais elle permet également de protéger les forêts de mangroves qui assurent l’équilibre du système. En effet, c’est cette compréhension de la fragilité de l’écosystème de la mangrove et la capacité à développer des pratiques raisonnées et responsables d’exploitation des ressources, qui constituent la force des communautés vivant dans le Delta.

 

A côté de ça, le Delta abrite une grande biodiversité, en particulier une importante avifaune. Ainsi, l’île aux oiseaux, les îlots de l’océan, les vasières et les bancs de sable à l’entrée du Diombos et du Saloum font du Delta le troisième site d’importance ornithologique de l’Afrique de l’Ouest, après le Banc d’Arguin en Mauritanie, et le Djoudj, également au Sénégal, avec plus de 250 espèces d’oiseaux. L’île aux oiseaux représente le premier site mondial d’hibernation et de reproduction de la sterne royale, espèce menacée d’extinction dont le quart de la population mondiale vit dans le Delta.

© Delta Saloum Abdoulaye Ndao/LAYPRO

© Delta Saloum Abdoulaye Ndao/LAYPRO

Dans le delta, les femmes sont à l’honneur et reconnues car elles perpétuent la tradition bimillénaire de récolte des coquillages. Elles contrôlent toute la filière, de la cueillette à la distribution, en passant par les différentes phases de transformation. Le lien étroit et fragile entre l’Homme et la nature est depuis toujours régi par des limites d’usage qui font partie de la culture de cette population estuarienne. Ainsi, l’interdiction totale, partielle ou temporaire d’exploiter certaines zones, ou encore l’accès réservé à des groupes définis permettent d’assurer la conservation de la mangrove grâce à des savoirs-faire précieusement conservés.

© Delta Saloum Abdoulaye Ndao/LAYPRO

© Delta Saloum Abdoulaye Ndao/LAYPRO

Et encore autre chose, il se peut que vous y croisiez des baobabs-sépulture. Il s’agit d’une pratique funéraire qui n’est, dans l’état actuel des connaissances, signalé que dans le centre-ouest du Sénégal chez les Sérères. Abandonnée au siècle dernier, cette pratique consistait à enterrer les griots dans le creux de certains baobabs qui devenaient de véritables caveaux. Selon la croyance, la terre en devient stérile et des malheurs s’abattent sur la communauté. De nos jours, la plupart des baobab- sépultures ont disparu, terrassés par l’âge ou vandalisés. Alors, quand vous y ferez un tour partagez avec nous ce que vous y découvrirez !

 

« Pour plus d’information et d’images, téléchargez l’application VUE d’Afrique, disponible sur Android »