Situé à 60km au nord de Saint-Louis, le parc national de Djoudj est une zone humide de 16 000 hectares comprenant un grand lac entouré de ruisseaux, d’étangs et de bras morts, qui constituent un sanctuaire vital pour un million et demi d’oiseaux, sans compter les 3 millions d’oiseaux qui, chaque année de Septembre à Avril, fuient le froid européen.

 

En effet, après avoir échappé aux obstacles de l’Europe du Sud, où la brousse semble dissimuler des coups de feu de chasseurs, dépassé la Méditerranée et traversé le désert du Sahara, les oiseaux arrivent à leur première oasis : le parc national de Djoudj, où près de 400 espèces en transit ont été dénombrées. On y trouve ainsi des milliers de flamants roses, 5 mille pélicans blancs ainsi que d’autres espèces telles que le héron pourpre, la spatule africaine, la grande aigrette et le cormoran qui nichent régulièrement dans ce lieu.

 

Le parc constitue la troisième réserve d’oiseaux au monde et est l’une des rares contrées vertes du Sahel. Inscrit comme site naturel sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1981, il est surtout reconnu pour cette diversité d’oiseaux mais n’abrite cependant pas que ce type animalier. Varans et pythons ainsi que de petits crocodiles se dissimulent dans la verdure. C’est également un lieu d’habitation pour des mammifères tel que vaches, singes rouges (patas), phacochères, mais aussi hyènes, chats de Libye, servals et gazelles dorcas. Cette diversité biologique ainsi que la beauté et l’importance esthétique exceptionnelles de ce site ont permis l’inscription du parc du Djoudj sur la Liste du patrimoine mondial.

© Layepro

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Le parc est précisément situé dans le bassin du bolong du Djoudj qui lui a donné son nom. Le bolong, mot emprunté du mandingue est un terme uniquement employé au Sénégal et en Gambie pour désigner un canal d’eau salée bordé de mangroves et de nombreux bosquets de palétuviers. Si la biodiversité de ce site est indéniablement riche, ce dernier fait cependant face à des défis de conservation qui menacent sa valeur universelle exceptionnelle. La construction du barrage de Diama pour l’irrigation et l’eau courante est une avancée qui participe à l’assèchement des plaines et des mangroves et au dérèglement de l’équilibre du parc. Mais de leur côté, les communautés locales de Djoudj font beaucoup d’efforts pour protéger leur site.

 

Sans des sanctuaires comme Djoudj, il n’y aurait pas d’oiseaux en Europe. C’est aussi le lieu qui fait du Sénégal l’une des plus grandes destinations ornithologiques au monde. Face à de multiples menaces, il a été inscrit à deux reprises sur la Liste du patrimoine en péril, il a toutefois réussi à en ressortir, ce qui doit nous sensibiliser encore davantage sur la nécessité d’allier développement et protection du patrimoine pour assurer la pérennité d’un site plein de vie.

 

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