La zone Bassari inscrite sur la Liste du patrimoine mondial s’étend sur 242 km² au sud de Salémata. Paysage de collines abritant une vingtaine de villages, l’ensemble est protégé par les monts Ané, un arc montagneux d’une vingtaine de kilomètres se développant de la frontière guinéenne au sud- ouest jusqu’à Dar Salam au nord-est. La zone n’est accessible que par des chemins et des pistes difficilement carrossables. Du fait que seul 1/10ème du territoire soit cultivé, de grandes zones de forêts y sont préservées avec de nombreux animaux dont d’importantes colonies de singes.

 

Le travail de la terre occupe une place centrale dans la vie des communautés en pays Bassari où l’on cultive surtout le mil, l’arachide, le fonio, le maïs, le pois de terre et les haricots. Mais au-delà de son aspect purement économique, travailler la terre renferme aussi des logiques sociales et spirituelles chez les communautés Bassari et Bédik. Plus qu’un simple moyen de subvenir à ses besoins vitaux, l’activité agricole maintient également le lien social. Elle est souvent accompagnée d’animations telles des chants des masques qui entraînent les cultivateurs.

 

Comme l’est la terre, les rites initiatiques sont tout aussi important. Chez les jeunes garçons Bassari l’initiation est un événement majeur dans leur vie marquant le passage à la vie d’adulte et représente la rupture rituelle avec le monde féminin auquel ils ont été associés durant l’enfance. Pour leur sortie en brousse, les jeunes hommes préparent arcs, carquois et sabres, armes de chasse, et le sac de brousse où chacun rangera ce qu’il a de plus précieux. C’est également le temps de l’apprentissage des chants et des langues secrètes, des paroles d’hommes et des secrets de masques.

 

©Abdoulaye Ndao/LAYPRO

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La fréquence et l’importance des rituels durant tous les cycles de la vie font des arts de la parure et de la vêture un élément essentiel chez les communautés du pays Bassari. Chaque classe d’âge est marquée par une manière de s’habiller et par des ornements particuliers. Les bijoux, aujourd’hui en aluminium, autrefois en cuivre ou en laiton, sont gardés dans un panier dont on hérite de mère en fille. Pour certains rituels, et suivant le type de danse, les jeunes hommes ont recours à leurs mères ou leurs sœurs pour se parer.

©Abdoulaye Ndao/LAYPRO

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Tout dans ces communautés veille à la préservation de l’âme des cultures du terroir dans cette région du Sénégal. Jusqu’aux habitations où, perché sur les hauteurs, il était possible de surveiller la plaine.

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