Aucun voyage à Dakar (Sénégal) n’est complet sans une visite à l’île de Gorée. Nous connaissons tous son histoire ou avons au moins entendu parler de sa célèbre Maison des Esclaves. Le Sénégal, suite à de grands travaux de rénovation, a transformé la Maison des Esclaves en un des monuments historiques les plus visités de l’Afrique de l’Ouest. L’île de Gorée n’est pourtant pas le seul site historique associé à l’esclavage dans l’Afrique de l’Ouest. Agbodrafo, ancienne ville portugaise aussi connue sous le nom de Porto Seguro, en fait partie. Vous n’en avez peut-être jamais entendu parler. Jamais! Et pourtant, comme l’île de Gorée ou Ouidah, Agbodrafo a été témoin des horreurs de l’esclavage. Son histoire brise le coeur.

 

 

Ma sœur, mes amis et moi sommes arrivés à Agbodrafo après un trajet de 30 minutes en taxi de Lomé (400 FCFA par personne à partir du Grand Marché). Il ne nous a pas fallu longtemps pour trouver la Maison Wood. Une fois arrivés, notre guide Gaskin, après s’être présenté, a commencé à raconter l’histoire de cet endroit. Bâtie en 1835, la Maison Wood appartenait au marchand d’esclaves écossais John Henry Wood et avait auparavant logé une famille royale. Le chef Assiakoley pratiquait l’esclavage sur les tribus Aného mais celles-ci étaient sous la supervision des autorités britanniques et les croisières anti-esclavagistes. Le chef Assiakoley et ses associés sont donc allés plus loin à l’intérieur du pays afin de poursuivre illégalement leur commerce. La maison était bien cachée permettant ainsi au chef Assiakoley de négocier avec les chefs tribaux dans le nord du pays, les aidant à réduire leurs peuples à l’esclavage.

La maison dispose de quatre chambres, un grand salon et une cave de 1m50 en hauteur. Les esclaves étaient gardés dans cette cave juste en dessous du salon dans des conditions horribles; ils ne pouvaient même pas tenir debout. Une trappe dans le salon donne accès à la cave. Gaskin nous y a conduit dans le noir afin que nous “puissions prendre conscience » de la position dans laquelle les esclaves devaient rester pendant des jours, des semaines, des mois. Inhumain…

Avant d’être «embarqués» vers les États-Unis, les esclaves étaient emmenés à un puits près de la Maison Wood appelé le « Puit des Enchaînés » pour un bain final. Ils ont ensuite été forcés de faire 7 tours autour du puits pour assurer la perte de tout lien avec leurs dieux et croyances. Bien que la maison ait été rénovée, une partie du mobilier d’origine y reste. Le plafond a été réparé deux fois. Lors de notre visite, nous pouvions souvent sentir le plancher craquer sous nos pieds. Cette maison mérite d’être bien rénovée et connue. Contrairement à la Maison des esclaves de l’île de Gorée, la Maison Wood inspire toujours la peur chez les habitants de Agbodrafo.

À la fin notre visite, nous avons pris le temps de parler avec Gaskin. Je lui ai demandé s’il avait déjà visité l’île de Gorée dans sa vie. Il y est allé mais n’a pas pu finir sa visite: dès son arrivé sur l’île il n’a pas pu s’empêcher de pleurer. Si jamais vous êtes au Togo, passez faire un tour à la Maison Wood pour en apprendre davantage sur son histoire, notre histoire, et pour soutenir les guides touristiques comme Gaskin.

 

Prix d’entrée: 1000 FCFA

 

Article traduit de l'anglais par Sally Vusi. Retrouvez l'article en anglais ICI