Partons dans la région de Bordj Bou Arreridj qui est située à près de 200 kilomètres à l’est d’Alger. Cette wilaya est un carrefour entre le centre et l’est du pays. Vous passerez nécessairement par Bordj Bou Arreridj (BBA), si jamais vous allez à Sétif ou Constantine en empruntant l’axe autoroutier ouvert il y a quelques années.

A l’entrée de la wilaya, l’autoroute offre d’ailleurs une belle vue sur une partie de la chaîne de montagnes des Bibans (littéralement, les portes). Au détour des virages, on aperçoit les sommets aiguisés qui tranchent le ciel. L’image est impressionnante et encore plus belle au coucher du soleil. Quand on voit ces sommets rocailleux, on comprend pourquoi les Français ont donné le nom de « Portes de Fer » à l’expédition lancée durant la seconde moitié du 19ème siècle avec pour objectif d’avancer vers l’est.

www.visiterlafrique.com bordj bou algerie (3)

A première vue, une personne qui n’est pas de la région peut se demander qu’est-ce qu’elle pourrait  trouver à faire là-bas. Et pourtant, il suffit juste d’être bien accompagné pour découvrir de véritables joyaux. Dernièrement, j’ai enfin pu aller au village d’El Ksour situé à une trentaine de kilomètres au sud-est du chef lieu de la wilaya. Après avoir pris des routes tortueuses, autour desquelles s’étalent des champs d’oliviers, on découvre enfin ce village qui se fond dans les collines couleur ocre. Dans la région, à chaque fois que j’entendais parler de ce village, c’était à travers les railleries des gens parce qu’il est isolé, parce que la route n’était pas bonne, parce que ses habitants sont « arriérés », parce que leurs maisons ne sont pas modernes et bien équipées… etc etc. Mais El Ksour est une perle car on a l’impression que le temps s’y est arrêté. On dirait que rien n’a bougé depuis des siècles. Les maisons en pierre et aux toits en tuiles se fondent dans le décor. C’est l’été, il fait chaud et personne n’est à l’extérieur. Ce qui me frappe le plus dans ce genre d’endroit, c’est le silence qui y règne. Il n’y a pas beaucoup de passage et peu de voitures hormis celles des habitants. Le seul son qu’on peut entendre dans la journée, c’est l’appel à la prière depuis la mosquée blanche qui se situe au coeur du village. Quand on se place sur un des flancs qui surplombent le village, on aperçoit des formes d’habitants mais de loin on se demande vite si ce n’est pas l’une des nombreuses pierres qui parsèment les collines. Le reflet du ciel nuageux se dessine en contrebas. De là haut, on contemple le ballet des ombres nuageuses qui assombrissent le ciel azur puis les collines.

On quitte le village pour aller en direction de Bordj Bou Arreridj, sur la route on s’arrête à El Achir (prononcé Yachir). A chaque fois, que j’évoque Yachir lorsque je suis à Alger, on me parle automatiquement des grillades. En fait, une des sorties de l’axe autoroutier est-ouest donne directement sur la ville et beaucoup de personnes s’arrêtent fréquemment pour manger là bas. A l’entrée de cette bourgade, il y a des dizaines de restaurants tenus par des familles qui habitent juste au dessus. Pendant le ramadan, à l’heure de la rupture du jeûne, les voyageurs sont souvent arrêtés par des personnes qui les invitent à manger gratuitement dans l’un des restaurants « Rahma » (l’équivalent des restos du coeur).

www.visiterlafrique.com bordj bou algerie (1)

Passons, pour aller à Bordj Bou Arreridj, surnommée la capitale des Bibans. Le chef lieu de la wilaya possède plusieurs endroits qu’il faut visiter. Récemment, la ville a bénéficié de nouvelles structures et de travaux. Il y a d’abord le parc « Nour Oua Nassim », large de plusieurs hectares et qui possède un parc d’attraction, un plan d’eau et plusieurs promenades. A l’intérieur, il est possible de déjeuner, manger une glace ou une crêpe, dans l’une des nombreuses cafétérias. Les prix sont indexés sur le niveau de vie locale, donc c’est beaucoup moins cher qu’à Alger.

BBA, c’est aussi des lieux historiques. On ne peut pas évoquer la ville sans parler du Bordj Mokrani, une forteresse qui se trouve en plein centre. Erigé sur un rocher, durant l’époque ottomane, le château servait de poste de surveillance pour les Turcs puis a été brièvement utilisé des siècles plus tard par Mohamed El Mokrani, qui a dirigé en 1871, l’une des principales insurrections contre la présence coloniale française.

www.visiterlafrique.com bordj bou algerie (2)

A chaque fois que je demandais à visiter ce château, les gens m’en ont fortement dissuadé. On me disait que ce n’était pas un lieu sur et que des jeunes squattent là bas pour fumer et consommer de la drogue. Mais récemment, et après plusieurs années de travaux, la forteresse a repris des couleurs et a été rouverte au public. Donc, à suivre…!