Aller au Maroc c’est d’abord devoir choisir ce que l’on a vraiment envie de voir, tant la diversité du pays est grande : cités historiques (Volubilis…), désert, plages, souks, oasis, treks en montagne (Haut Atlas, Atlas, Anti Atlas), cheval, pêche, dromadaire, surf, et même du ski !
Pour ma part, l’idée était de visiter le sud, et de suivre ce que j’ai benoitement qualifié de « règle des 3 O » : Océan, Oasis, Orange des montagnes de l’Anti Atlas. Je ne rentrerais pas dans le débat sur le conflit territorial entre le Maroc et le Sahara Occidental : en effet, certaines/s pourraient me dire que Sidi Ifni n’est pas vraiment au sud du Maroc, mais plutôt en son centre. Je me contenterais donc de dire que j’étais au nord du sud du Maroc, pour ne fâcher personne…

 

Départ d’Agadir (avant, il y avait eu Marrakech et Essaouira), ville meurtrie par le tremblement de terre de 1969 (qui a complètement rasé la ville) et qui, si ce n’est la plage, ne donne pas tant envie de s’attarder. L’objectif est d’atteindre la si bien nommée Vallée du Paradis, qui conduit à Ouzmer et ses fameuses chutes d’eau. Très vite, après avoir quitté Agadir, le paysage prend une teinte particulière et la montagne (le Haut Atlas Occidental) montre ses couches géologiques successives, « relevées » et même « révélées », si l’on peut dire, par le récent tremblement de terre.

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Il faut environ 1h30 depuis Agadir pour rejoindre la Vallée du Paradis (une bonne partie de la route a été emportée par la dernière montée des eaux). Nous y avons passé la nuit dans un hôtel à la vue imprenable (il faut dire qu’il s’appelle le Panoramique, ça aide), avec en prime des dégustations de miel local, car le propriétaire, né au village et ayant travaillé 40 ans en France, est aussi apiculteur (il converse aussi avec les oiseaux une fois la nuit tombée, mais ça, c’est une autre histoire). Depuis la chambre de l’auberge, on peut admirer toute la vallée en toute quiétude, des heures durant :

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Direction ensuite Ouzmer, sur une route un peu mieux entretenue que la précédente. Il faut 30 minutes pour atteindre le site, quelque peu touristique mais incontournable, des chutes d’eau d’Ouzmer. Pour notre (mal) chance, il nous a fallut imaginer l’eau dévalant la cascade. Nous n’y étions pas à la bonne période (août). Cependant, la nature fait toujours des miracles, et au pied des chutes, une piscine naturelle s’est faite une place, de manière permanente. L’eau est transparente. On peut même la boire !

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Pour les plus téméraires, possibilité de faire des sauts, déclinables en plusieurs niveaux : 5 mètres, 10 mètres, et pour les jaijamaispeur : 25 mètres !
A la question, simple mais légitime, de savoir s’il y a vraiment du fond (ce que j’ai immédiatement demandé avant de m’élancer pour mon saut de…2 mètres de hauteur), le bassin est profond de 45 mètres à son maximum ! Moumtazoun (parfait) !

Marre de la vallée du Paradis (comment pourrait-on ?), envie de voir « autre chose » ? Direction Mirleft, vers les immenses plages du sud. La route semble un long fil sans fin. Paysages désertiques, avec cette montagne qui nous accompagne à l’Est. Seule la belle ville de Tiznit brise un peu la monotonie de la route.
L’arrivée à Mirleft n’en est que plus magique, avec cet océan à perte de vue et ce puissant soleil.

Il faut dire quelque chose ici : avant de partir au Maroc, une image m’avait profondément marqué : celle de cette immense arche de terre rouge plongeant dans l’Océan. Cette merveille de la nature semblait sortie d’un rêve.

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L’on avait du mal à en croire nos yeux, il faut bien le dire. D’autant plus que nous avons commencé notre marche sur la plage avec un léger brouillard, qui s’est subitement levé, laissant apparaître ces mastodontes de pierre et de terre, que l’on traverse les pieds dans l’océan, en surveillant les vagues.

Ces deux arches se trouvent entre Mirleft et Sid Ifni, sur les plages de Legzira (El Gzira). Etonnantes sculptures de la roche, forgées au gré du vent et de la mer, du soleil et du sel. Créent pour être éphémère, elles disparaîtront dans un grand fracas en emportant au bas mot 500 mètres de côte marocaine dans l’Atlantique (la seconde arche n’est actuellement pas loin de s’effondrer !).

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Il faut pousser le voyage jusqu’à Sidi Ifni pour découvrir un autre Maroc. Ville coloniale, rendue seulement en 1969 par des colons espagnols qui n’avaient probablement pas compris que le temps de la honteuse colonisation était révolu, Sidi Ifni tente de cicatriser les plaies de son histoire récente (la ville servait de base militaire pour les espagnols et les habitants actuels s’estiment délaissés par Rabat, d’où des révoltes récurrentes).
Qualifiée de LA ville Art Déco du Maroc, elle a vu de nombreux artistes y vivre. D’où ces bâtiments que l’on a pas tant l’habitude de voir au Maroc. Et la plage de Sidi Ifni est une des plus belles du Maroc.

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Nous n’irons pas plus au sud. Sidi Ifni était notre Cap Town à nous, au Maroc. Une fois bien profité de la plage, direction Tafraoute, dans l’Anti Atlas, pour goûter à l’hospitalité Berbère et la fraîcheur des oasis de la vallée d’Afella Ighir.

De tout de notre voyage, ce fût la seconde plus belle route que nous avons empruntée, après celle entre Mirleft et Sidi Ifni. Si, pour cette dernière, les criques apparaissaient à chaque virage, le bleu de l’océan et les petites collines nous accompagnaient, la seconde se caractérisait par l’entrée dans l’Anti Atlas. Paysages hallucinants. Beauté brute. Abrupte même.

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Et quelques unes des merveilles de la civilisation arabo-berbère marocaine, perchées sur des pics qui s’élèvent à plus de 2000 mètres d’altitude. A voir.

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Arrivés à Tafraoute. Epuisés par la route. On nous annonçait un petit village. Il n’en est rien. La ville est toute illuminée, des arches éclairées accueillent les visiteurs et la petite ville est pleine de monde lorsque nous arrivons enfin, à 22h30.
Mais ce n’est que le lendemain que nous réaliserons toute la beauté de la situation naturelle de Tafraoute :

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J’ai récemment vu sur Internet que certaines personnes s’étaient déjà inscrites pour un hypothétique voyage sur la « terre rouge » : Mars. J’ai envie de donner un petit conseil à ces « aventuriers inter galactiques »: venir habiter à Tafraoute ! Niveau paysage et couleur, c’est similaire, mais c’est moins loin, et on peut respirer de l’O2.

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Après un copieux petit déjeuner, direction l’oasis d’Aït Mansour, à 20 kms de Tafraoute (24 exactement, mais il faut compter plus de 45 minutes en voiture – la route est…montagneuse et dangereuse !

Une nouvelle fois, on s’émerveille. Cela fait définitivement partie des paysages les plus beaux qu’il m’ait été de voir. Au milieu d’un désert de roches granitiques, sous une chaleur de 45 degrés, apparaissent soudain, au détour d’un virage, un, puis deux, puis trois puis un champ de palmiers, signalant la présence d’un cours d’eau.

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Une fois entré dans l’oasis, la vie n’est plus la même. C’est ici que l’on comprend la rareté de l’eau et le miracle de la vie. C’est aussi ici que devraient venir les thuriféraires anti climat.

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Au passage, on admirera aussi les villages qui bordent l’oasis. Parfaitement en accord avec la roche, ils semblent n’en n’être que le prolongement, une partie presque naturelle, immuable.

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Le sud du Maroc enchante. On a envie de s’y installer. On hésiterait sans fin entre la douceur de l’océan ou le calme des oasis. Et je n’ai pas parlé de l’hospitalité des marocains, ni de leur gentillesse, que j’ai rencontré partout. Quand vous demandez quelque chose dans la rue, que l’on vous répond et que vous dites « merci » (Choukran), on ne vous dit pas « de rien », l’on vous dit « avec plaisir ». Tout le temps.

C’est la somme de ces petites choses qui, en plus des paysages superbes que j’ai pu admirer, font que le Maroc n’est pas simplement un excellent souvenir de voyage, mais bien plutôt une « nouvelle future idée » de destination.
Retourner au Maroc. Oui. Bientôt, Inch Allah.

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