Chaque semaine, découvrez 3 livres, d’auteurs africains, sélectionnés par notre communauté.

  • « Les germes de la mort » de Régina Yaou

Regina Yaou, née en 1955 à Dabou, est une romancière ivoirienne dont les oeuvres abordent en majorité le quotidien et le statut de la femme dans la société ivoirienne. Elle publie son premier roman, Lezou Marie ou les écueils de la vie, en 1982, suivi de La révolte d’Affiba en 1985, et de nombreux autres. De 1991 à 1993, elle séjourne aux États-Unis comme consultante et conférencière auprès de diverses universités.

 

Elle revient en Côte-d’Ivoire, mène différentes activités en plus de son œuvre littéraire, puis retourne aux États-Unis en 2005, pour des études comparatives sur les contes du sud des États et du sud de la Côte d’Ivoire. Puis elle rentre en Côte d’Ivoire quelques années plus tard. À partir de la fin des années 1990, elle publie également sous pseudonyme (Joëlle Anskey, Ruth Owotchi, ..) dans des collections dites «sentimentales».

 

Ses œuvres abordent la vie quotidienne et le statut de la femme dans la société ivoirienne : la violencce domestique, les infidélités, , la maternité, la stérilité, etc.

"Les germs de la mort" - Régina Yaou

« Les germs de la mort » – Régina Yaou

 

Résumé : La prolifique écrivaine ivoirienne a publié chez Néi-ceda trois romans avec pour dénominateur commun leur titre : Les Germes de la Mort. Il s’agit d’une trilogie ou simplement une œuvre romanesque répartie en trois tomes. « Brah la Villageoise », « Marthe la snob » et Suzanne l’Ambitieuse », tels sont, de façon chronologique, les sous-titres de ces trois bouquins. Depuis Ahui Anka, Régina Yaou s’affirme au fil de ses œuvres comme une plume fouineuse des mystères du continent noir. Cette trilogie en est une parfaite illustration.

 

 

L’avis de notre contributrice : « Les gens veulent nous faire croire aujourd’hui que si on ne boit pas d’alcool ou/et qu’on ne va pas en boîte de nuit, il y a quelque chose qui cloche chez nous. Si vous décidez de respectez votre corps, certains vous regarderont comme si vous venez d’une autre planète. Votre foi qu’elle soit chrétienne ou musulmane, vous ne la vivrez jamais sans tentation. Il n’est pas dit que parce que vous êtes croyant, tout vous sera facile, bien au contraire. [ATTENTION SPOILER] Regina Yaou a décidé de sauver Nimba. Le livre est très tourné vers l’évangélisation. Regina dit d’ailleurs qu’elle l’a écrit après avoir elle même donné sa vie à Dieu. Le livre ne m’enthousiasme pas beaucoup mais certaines valeurs transmises me font sourire. Je ne crois pas forcément à tout ce qui y est écrit. D’ailleurs certaines parties m’ennuient un peu, mais je retiens que tout le monde a le droit d’être sauvé… même Nimba. »

 

 

  • « Monné, outrages et défis » d’Ahmadou Kourouma

Ahmadou Kourouma naît en 1927 à Boundiali (Nord de la Côte d’Ivoire). Après avoir étudié à Bamako, il intègre en 1950 les rangs des “tirailleurs sénégalais” en Indochine. En 1954, étudie poursuit des études de mathématiques à Lyon. Suite de l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960, il choisit de retourner dans son pays. Inquiété par le régime du président Félix Houphouët-Boigny, il est emprisonné, puis connaît l’exil.

 

En 1968, paraît son premier roman, « Les Soleils des indépendances » qui marquera des générations de lecteurs. Vingt ans plus tard, ce sera « Monné, outrages et défis », son second ouvrage. En 1994, suit « En attendant le vote des bêtes sauvages » ; et en 2000, Allah n’est pas obligé couronné par le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens.

 

En septembre 2002, alors que la guerre civile est déclarée en Côte d’Ivoire, il milite contre l’ivoirité et pour la paix dans son pays. Soupçonné de soutenir les rebelles du Nord, il subit les accusations des partisans du président Laurent Gbagbo. Décédé en décembre 2003, son dernier roman Quand on refuse on dit non paraît à titre posthume en 2004.

 

 

Résumé : Désobéissant à Samory, empereur de tout le pays mandingue, le roi de Soba, Djigui Keïta, n’a pas rasé sa ville à l’arrivée des troupes coloniales – sûr que la magie des ancêtres, la protection d’Allah et la muraille édifiée à la hâte suffiraient à repousser les « Nazaréens ».

Ceux-ci prennent donc Soba sans coup férir. Mais tandis que les griots chantent la gloire de Djigui Keïta et de ses cent vingt années de règne, le roi déchu s’enfonce dans une collaboration de plus en plus meurtrière avec l’occupant.

Sous l’épopée tragique et dérisoire d’un peuple livré à la colonisation, perce la satire des Etats africains modernes livrés à leurs démons, et un réquisitoire aussi drôle que violent contre ces conformismes qui mènent parfois aux pires compromissions.

"Monné, otrages et défis", d'Ahmadou Kourouma

« Monné, otrages et défis », d’Ahmadou Kourouma

 

Le commentaire de notre abonnée : « Il y a comme un air de classiques sur la photo. Vous connaissez le parfum « Orgueil de Côte d’Ivoire » de Régis Glacier ? Rohlala, surement mon préféré, fait à base de café et de cacao. Et c’est drôle on aurait aussi bien pu baptiser Kourouma « Orgueil de Côte d’Ivoire. » Le vieux père n’est plus à présenter. La boule de glace au dessus c’est du « Bonoua » fait à base de basilic, gingembre et ananas. Je crois que je suis tombée amoureuse du basilic quand j’ai goûté ma première bruschetta… Il y a des gens qui vont se dire « quand go Sénoufo de Yopougon perce un peu c’est grave ! Elle a oublié kabato hein, co bruschetta ». Anyways, « Monnè, outrages et défis » est le 3e livre que je déguste pour mon challenge de cette année: lire tous les Grands prix littéraires de l’Afrique Noire. »

 

 

 

  • « Le fils d’Agatha Moudio » de Francis Bebey

Journaliste de radio en Afrique et en France, puis rattaché à l’UNESCO comme directeur du Programme de la Musique pour l’ensemble des États membres de l’organisation, Francis Bebey décide en 1974 de se consacrer uniquement à la composition musicale et à l’écriture. C’est d’abord par des chansons humoristiques comme « Agatha », « La condition masculine », « Divorce pygmée », « Si les Gaulois avaient su… », etc… que Francis Bebey a attiré sur lui l’attention du public francophone à travers le monde. Créateur profondément indépendant et original, il s’est permis toutes les curiosités, s’est offert toutes les libertés : de la guitare classique à la flûte pygmée, de la chanson d’humour aux sonorités ancestrales de la forêt.

 

 

Résumé : Au centre de ce roman, un jeune Africain qui se trouve « au carrefour des temps anciens et modernes » et dont Francis Bebey conte l’histoire dans la meilleure tradition des aèdes africains. « Le Fils d’Agatha Moudio » se présente comme le roman d’un monde pris entre deux civilisations. Que ce soit au niveau de la structure du roman ou au niveau des thèmes qui y sont développés, que ce soit même au niveau des actions des personnages, on se rend compte que Francis Bebey, en choisissant l’ambiguïté comme mode d’écriture, a voulu inscrire son roman dans une dimension réaliste.

Le Fils d’Agatha Moudio, de Françis Bebey

Le Fils d’Agatha Moudio, de Françis Bebey

 

Le passage que notre abonnée a voulu partager avec notre communauté : « Dans notre village comme dans le sien, tout près du nôtre, ainsi que dans les villages des environs, on pensait généralement que l’extraordinaire beauté de cette « créature de satan » masquait tout le mal qu’elle savait déjà faire. Pensez donc qu’à son âge, elle savait déjá « tout faire » ; donnez à l’expression un sens péjoratif à bouleverser les moeurs du monde entier, et vous comprendrez peut être pourquoi Maa Médi me souhaitait pas me voir avec Agatha: « Elle connaît déjà l’homme », disait-on quand on parlait d’elle.  » .