Un carnet de voyage est un support personnel où l’on consigne ses souvenirs de route : textes, croquis, tickets collés, photos, cartes. Pour bien le choisir, quatre critères comptent : un format A5 ou plus petit pour qu’il se glisse dans un sac, une couverture rigide ou semi-rigide, un papier adapté à votre pratique (au moins 300 g/m² si vous peignez à l’aquarelle) et un nombre de pages cohérent avec la durée du séjour. Pour le remplir, nul besoin d’être artiste : quelques lignes par jour et des souvenirs collés suffisent. Ce guide détaille chaque choix, le matériel nomade utile et des exemples selon votre profil de voyageur.
- Définition : un journal de bord personnel qui mêle récit, images et souvenirs collés.
- Format conseillé : A5 (environ 14,5 x 20 cm) ou A6 pour voyager très léger.
- Papier : 90 à 120 g pour écrire, 160 à 200 g pour les feutres, 300 g/m² pour l’aquarelle.
- Matériel minimum : un feutre noir pointe fine, un crayon, de la colle, du masking tape et une pochette.
Qu’est-ce qu’un carnet de voyage, du journal de bord au carnet d’artiste
Le carnet de voyage est à la fois un objet et un genre littéraire. Les explorateurs y notaient leurs itinéraires, les peintres orientalistes y croquaient les ports et les marchés d’Afrique du Nord, et des générations de voyageurs y ont glissé fleurs séchées, billets de train et adresses griffonnées. Aujourd’hui, le terme recouvre plusieurs pratiques : le journal de bord écrit au jour le jour, le carnet de route plus factuel (étapes, kilomètres, dépenses), le carnet à croquis ou d’aquarelle des dessinateurs, et le scrapbooking qui mise sur le collage.
Ce qui les réunit, c’est la fonction de mémoire. Un carnet tenu sur place capte des détails que les photos ne conservent pas : l’odeur d’un marché d’épices, une phrase entendue dans un taxi-brousse, le prix d’un thé à la menthe. Relu deux ans plus tard, il ressemble à une capsule temporelle. Il sert aussi avant le départ, comme outil de préparation, et au retour, comme base pour raconter le voyage à ses proches.
Carnet prêt à l’emploi, à personnaliser ou carnet d’artiste : le comparatif
Trois grandes familles se partagent les rayons. Le bon choix dépend moins de votre talent que du temps que vous comptez y consacrer chaque jour.
| Type de carnet | Pour qui | Points forts | Limites | Budget indicatif |
|---|---|---|---|---|
| Carnet prêt à l’emploi (rubriques guidées) | Débutants, enfants, voyageurs pressés | Questions et cases à remplir, pas de page blanche intimidante | Mise en page imposée, peu de place pour les collages | 7 à 16 € |
| Carnet vierge à personnaliser (kraft, pointillé, ligné) | Adeptes du journaling et du bullet journal | Liberté totale, mélange texte et collage | Demande un peu d’organisation | 5 à 20 € |
| Carnet d’artiste (croquis ou aquarelle) | Dessinateurs, peintres amateurs | Papier épais qui supporte l’eau et les pigments | Plus lourd, moins adapté à l’écriture dense | 15 à 35 € |
| Kit ou coffret journaling | Cadeau, première expérience | Carnet, stickers, colle et masking tape réunis | Contenu parfois superflu, volume plus important | 15 à 30 € |
| Carnet hybride ou numérique | Grands voyageurs, photographes | Aucun poids, sauvegarde facile, partage immédiat | Moins d’émotion tactile, dépend de la batterie | Gratuit à 40 € (livre photo) |
À titre de repère, les carnets thématiques vendus en librairie ou chez les éditeurs spécialisés se situent souvent entre 7 et 16 € pour une soixantaine de pages, tandis qu’un set d’aquarelle de poche à neuf demi-godets coûte généralement une quinzaine d’euros. Un premier équipement complet reste donc accessible avec moins de 40 €.
Quel format de carnet de voyage glisser dans son sac
La portabilité décide de tout : un carnet qui reste au fond de la valise ne sera jamais rempli. Le format A5, autour de 14,5 x 20 cm, offre le meilleur compromis. Il tient dans un sac à dos ou une sacoche, laisse assez de surface pour une double page illustrée et accepte une carte postale collée sans la plier.
Le format A6 convient aux randonneurs et aux voyageurs ultralégers qui notent l’essentiel. Les carnets carrés ou paysage, type 17 x 22 cm, séduisent les dessinateurs qui aiment les panoramas sur double page, au prix d’un encombrement plus marqué. Côté épaisseur, un carnet de moins de 50 pages suffit pour une semaine, alors qu’un séjour d’un mois réclame plutôt 80 à 120 pages, ou deux carnets fins que l’on alterne.
Couverture et reliure : protéger les pages sur la route
Poussière, pluie tropicale, sable, sac écrasé dans un coffre : la couverture encaisse tout. Une couverture rigide protège mieux les dessins, une couverture semi-rigide reste plus légère et épouse le sac. Un élastique de fermeture évite que les tickets glissés entre les pages s’envolent, et une pochette intérieure ou une enveloppe collée en fin de carnet accueille les petits souvenirs en attente de collage.
La reliure compte aussi. Un dos cousu permet d’ouvrir le carnet à plat, pratique pour peindre sur deux pages. La spirale facilite l’écriture mais fragilise l’objet sur un long voyage. Pour les destinations humides ou les sorties en bateau, certains fabricants proposent du papier étanche et des couvertures en matière synthétique.
Quel papier pour un carnet de voyage selon votre pratique
Le papier dépend directement de ce que vous allez y poser. Un mauvais grammage, et l’encre traverse, l’aquarelle gondole ou la colle fait onduler la feuille.
- Écriture seule : 90 à 120 g suffisent, en pages lignées ou à pois pour garder des lignes droites.
- Croquis au crayon et au feutre : visez 160 à 200 g, en pages vierges, pour éviter la transparence au verso.
- Aquarelle : au moins 300 g/m², idéalement un papier spécial aquarelle, blanc pour ne pas fausser les couleurs.
- Collage et scrapbooking : un papier épais ou kraft, qui supporte la colle et le poids des souvenirs.
- Conditions extrêmes : papier étanche ou synthétique, utile en mer, en saison des pluies ou en haute montagne.
Les carnets mixtes, qui alternent pages lignées et pages vierges épaisses, conviennent bien à ceux qui hésitent encore entre écrire et dessiner.
Comment faire un carnet de voyage en cinq étapes
Un carnet se construit en trois temps : avant le départ, pendant le séjour et après le retour. Voici une méthode simple qui marche même pour un premier essai.
- Préparer les premières pages chez soi. Dessinez ou collez une carte de l’itinéraire, notez les dates, les étapes prévues et quelques mots de vocabulaire local. Les ressources évoquées dans notre article Voyager en Afrique à l’heure des recherches en ligne aident à rassembler ces informations sans se noyer dans les onglets.
- Choisir un fil conducteur. Un rituel quotidien (date, lieu, météo, une anecdote) donne une structure et évite le syndrome de la page blanche.
- Remplir un peu chaque jour. Dix minutes au café, dans le bus ou le soir sous la moustiquaire valent mieux qu’une séance de rattrapage de deux heures en fin de semaine.
- Collecter au fil de l’eau. Billets d’entrée, étiquettes, reçus, feuilles d’arbre, emballages de bonbons : tout va dans la pochette, le tri viendra plus tard.
- Finaliser au retour. Collez les photos imprimées, complétez les légendes, ajoutez un bilan : ce qui vous a surpris, ce que vous referiez, le budget réel.
Écrire, dessiner, coller : les techniques pour illustrer son carnet de voyage
Le récit écrit, colonne vertébrale du carnet
Indiquez toujours la date et le lieu en tête de page. Variez ensuite les formes : quelques lignes de récit, une liste des plats goûtés, un dialogue noté sur le vif, une citation lue sur un mur. Un stylo roller effaçable rassure ceux qui craignent les ratures, mais un feutre noir pointe fine donne un rendu plus net et ne bave pas sous l’aquarelle.
Croquis et aquarelle sans prétention
Commencez par des objets simples : une tasse, une porte, un fruit du marché. Un croquis au crayon HB, repassé au feutre puis rehaussé de deux ou trois couleurs, suffit à créer une page vivante. Le pinceau à réservoir d’eau évite de transporter un pot et permet de peindre assis sur un banc. Pour les débutants, un jeu de crayons graphites 2H, HB, B et 2B couvre toutes les nuances, du trait léger à l’ombre profonde.
Collage et scrapbooking
Le collage rend le carnet tactile. Masking tape, stickers, tampons, papiers d’emballage découpés : chaque élément raconte un moment. Pensez à laisser des emplacements vides pendant le séjour pour les photos à coller plus tard, et utilisez un roller de colle plutôt qu’un tube liquide qui fait gondoler le papier.
Photos, Polaroid et carnet hybride
Un appareil instantané ou une mini-imprimante photo de poche permettent de coller une image le jour même. Sinon, sélectionnez vos meilleurs clichés au retour et imprimez-les en petit format. Si vous partez en brousse, nos conseils de photo safari montrent comment rapporter de belles images sans alourdir le sac, ce qui laisse de la place pour le carnet et sa trousse.
Le matériel nomade qui tient dans une trousse
Inutile d’emporter tout un atelier. Une trousse bien pensée pèse moins de 300 g et couvre la plupart des usages :
- un feutre noir pointe fine résistant à l’eau et un stylo de secours ;
- un crayon à papier, une gomme et un taille-crayon à réservoir ;
- une petite boîte d’aquarelle à demi-godets et un pinceau à réservoir d’eau ;
- quelques crayons de couleur, plus fiables que les feutres sur papier fin ;
- un roller de colle, des ciseaux pliants (en soute) et un rouleau de masking tape ;
- une pochette transparente pour les tickets et une pince pour tenir les pages au vent ;
- un gobelet à eau pliable si vous peignez souvent en extérieur.
Gardez en tête que les ciseaux à lames de plus de quelques centimètres sont généralement refusés en cabine : vérifiez les règles de la compagnie avant le départ ou placez-les dans le bagage en soute.
Quel carnet de voyage selon votre profil de voyageur
Le voyageur peu créatif. Optez pour un carnet guidé avec rubriques, ou un simple carnet ligné où vous noterez trois choses par jour. La régularité compte plus que l’esthétique, et un carnet sobre rempli de phrases justes se relit avec autant de plaisir qu’un carnet d’artiste.
Les familles. Un carnet par enfant, ou un carnet collectif où chacun signe sa page, transforme les temps morts en jeu. Les plus jeunes adorent les stickers, les tampons et les cartes à colorier. Prévoyez des crayons de couleur, moins salissants que la peinture.
Le road trip et la vanlife. Le carnet de route prend ici tout son sens : étapes, kilomètres, pleins d’essence, bivouacs repérés. Si vous comptez sillonner le continent en 4×4, notre guide pour Préparer un voyage en voiture en Afrique vous aidera à bâtir l’itinéraire que vous reporterez ensuite page après page.
Le voyage culturel. Les sites historiques se prêtent aux croquis d’architecture et aux notes détaillées. Les voyageurs qui veulent visiter ethiopie, par exemple, trouvent dans les églises rupestres de Lalibela ou les châteaux de Gondar des sujets parfaits pour une double page dessinée.
Le safari. Entre deux sorties, les heures chaudes au campement laissent du temps pour dessiner les silhouettes d’animaux observés le matin ou tenir une liste des espèces croisées. Un budget safari mérite aussi une page dédiée : notre analyse sur les Parcs du Kenya détaille les droits d’entrée à intégrer dans vos comptes de voyage.
Le long voyage ou le tour du monde. Plutôt qu’un gros volume, emportez deux ou trois carnets fins et renvoyez les carnets terminés par la poste, ou photographiez chaque page pour en garder une copie.
Les erreurs qui gâchent un carnet de voyage
La plus fréquente : vouloir faire parfait dès la première page, puis abandonner au troisième jour. Viennent ensuite le carnet trop grand ou trop lourd, laissé à l’hôtel, le papier fin qui ne supporte ni feutre ni colle, et l’accumulation de souvenirs non triés qui finit en vrac dans un sac plastique. Oublier de dater les pages rend aussi la relecture confuse quelques années plus tard. Enfin, ne pas protéger le carnet contre l’humidité expose à de mauvaises surprises en saison des pluies : un simple sac zippé suffit souvent.
Conserver et archiver son carnet de voyage au retour
Un carnet bien rempli mérite d’être protégé. Rangez-le à plat, à l’abri de la lumière directe et de l’humidité, qui jaunissent le papier et font pâlir les encres. Les collages épais gagnent à être fixés avec une colle sans acide, plus durable dans le temps. Pensez à numériser chaque double page avec un scanner ou une application de numérisation : cette sauvegarde permet d’imprimer un livre photo, de partager le récit avec vos proches et de garder une trace si l’original s’abîme. Beaucoup de voyageurs finissent par aligner leurs carnets sur une étagère, comme une bibliothèque personnelle de leurs aventures.
Simple ou très illustré, guidé ou totalement libre, le carnet de voyage n’a qu’une règle : être ouvert souvent. Choisissez un modèle qui vous ressemble, une trousse légère, et laissez le voyage remplir les pages.
Faut-il savoir dessiner pour tenir un carnet de voyage ?
Non. Beaucoup de carnets réussis ne contiennent presque aucun dessin : des textes courts, des listes, des tickets collés et quelques photos suffisent à raconter un séjour. Le croquis reste une option, pas une condition.
Combien de pages prévoir pour un voyage de deux semaines ?
Comptez environ deux à quatre pages par jour si vous mêlez texte et collages, soit un carnet de 60 à 80 pages pour quinze jours. Pour un départ de plusieurs mois, deux carnets fins valent mieux qu’un seul très épais.
Peut-on faire un carnet de voyage numérique ?
Oui. Une application de notes, un journal en ligne ou un livre photo assemblé au retour remplissent le même rôle. La version hybride, avec un carnet papier léger complété par des photos imprimées ensuite, combine souvent le meilleur des deux.
Comment remplir son carnet quand on manque de temps le soir ?
Notez trois éléments par jour : un lieu, une rencontre, une sensation. Gardez les tickets et billets dans une pochette, puis rattrapez la mise en page lors des trajets ou des temps calmes.
Quel carnet de voyage offrir à un enfant ?
Un carnet prêt à l’emploi avec des rubriques guidées, des pages à pois ou vierges et quelques stickers fonctionne bien. Préférez une couverture souple mais solide, un format A5 et des crayons de couleur plutôt que des feutres qui traversent le papier.
