Mal réveillé, à 11h30 (du matin je précise) un dimanche, après une nuit somme toute assez festive ayant durée jusqu’à tard (le matin, je précise encore), Brazzaville offrant pour cela tout ce qu’il faut de lieux et d’ambiance, je sorti de l’hôtel en courant après avoir avalé un expresso trop sucré.

 

Avec un ami, nous avions décidé de nous rendre sur l’île de la Reine Faignond (ou la Reine de l’île Faignond, plus communément appelé « l’île Faignond »), lieu réputé pour les brazzavillois, qui regroupe les quatre fondamentaux d’une journée détente : la nature, le calme, de la bonne nourriture et un accueil chaleureux. La vie ne demande souvent rien d’autre.

 

Un des avantages de l’île Faignond, est le large choix de jours dans la semaine pour s’y rendre : comme indiqué sur le grand panneau à l’entrée du restaurant, l’île et son restaurant sont ouverts « de lundi à dimanche », ce qui, avouons-le, laisse peu d’autres jours dans la semaine pour ne pas y aller (!).

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Pour s’y rendre, il faut sortir de Brazzaville en direction du Nord sur la nationale 2. Bien entendu, Brazzaville est une capitale. Donc surpeuplée (presque 1 million d’habitants). Donc très polluée. Les récents travaux entrepris en vue de l’organisation des Jeux Olympiques Africains – qui se sont déroulés en septembre dernier – n’ont rien arrangé à une situation qui ne demandait pourtant qu’à l’être.

 

En clair, attendez-vous à beaucoup de bouchons avant de pouvoir sortir de la ville, malgré, il faut le signaler, une inventivité extrême des chauffeurs de taxi congolais. Citons par exemple le fait rouler sur les trottoirs en s’excusant poliment auprès des passants, et une application plutôt souple du code de la route (je m’arrête au feu rouge si j’en ai envie, et même si un policier est placé devant !).

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La tête à travers la fenêtre, malgré la chaleur humide et la pollution, je regardais ce Brazzaville en pleine activité, même un dimanche.

 

Enfin l’heure de voir autre chose que des habitations et des rues embouteillées arriva. Et là, le fleuve Congo laissa percevoir sa longue trace.

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Comme presque toutes les îles, et ce ne sera une surprise pour personne, ilfaut emprunter un bateau pour se rendre sur Faignond. Il suffit d’appeler les piroguiers qui sont pour la plupart déjà sur l’île. Si vous n’avez pas ou plus de forfait téléphonique, l’agitation des bras fonctionne puisque l’île est à environ 2 min en pirogue. Au passage, le petit village en bord du majestueux fleuve est d’une quiétude touchante.

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Les pirogues sont des modèles grands luxes, avec sièges et gilets de sauvetage. La vue est, on s’en doute, imprenable.

TD-Congo-5Arrivés sur l’île, nous sommes accueillis par la fille de la Reine en personne, qui y travaille. A l’instant même où nous posons les pieds sur l’île, un sentiment de grande tranquillité nous envahit. Et puis, la fatigue de la veille rend poreux.

 

Choisir une bonne table, entre la plage et les jardins, fut peut-être la seule contrainte que nous avons rencontrée pendant toute la journée.

TD-Congo-6On se dépêche de commander : poissons divers, poulet, bananes planteurs, salade avec tomates, poivrons, oignons et piments, frites, et j’en passe. Un festin.

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Et c’est juste après le repas, à l’heure de prendre le café, que l’idée de rentrer sur l’autre rive à la nage tomba à l’eau, au sens propre et figuré. Il faut dire que nous avions eu cette idée la veille, entre deux pas de Rumba congolaise.

 

Mieux vaut se promener un peu (de toute façon le courant sur le fleuve Congo est bien trop fort !) Il est quand même possible de se baigner, car il y a une belle plage de sable, mais il ne faut pas s’éloigner de la rive. En plus, l’île offre tout ce qu’il faut de points de vue sur de très beaux paysages, particulièrement verts.

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Pour les photos à 180 degrés, l’île est un spot particulièrement recommandé (même allongé sur un transat ou un hamac) :

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L’après-midi fila d’un trait. Nous avons eu à peine le temps d’admirer les oiseaux multicolores.

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Ou de prendre un peu plus le soleil en bouquinant…

 

L’heure de rentrer est pourtant là. Demain, il y a le travail. Je ne suis malheureusement jamais venu au Congo en vacances. Maigres week-end. Une réunion du lundi qui commence à 8h. On aimerait pourtant prolonger à l’infini ce moment sur l’île. Vivre en permanence sur l’île Faignond ?

 

Et qu’en pense notre jeune piroguier ?

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Sur le trajet retour, je me remémora soudain le sombre titre de l’ouvrage de Joseph Conrad : « Heart of Darkness », c’est-à-dire « Le cœur des ténèbres » en français. Cet explorateur polonais devenu anglais avait voyagé sur le fleuve Congo avec une compagnie marchande au début du 19ème siècles. Il avait ensuite publié cet ouvrage devenu si célèbre et qui marqua la vision négative, inquiétante, effrayante même, de tout le continent africain.

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J’ai eu pour ma part, assis confortablement sur cette chaise en plastique dans cette pirogue coupant les flots du fier Congo, une soudaine envie. L’envie d’écrire un bien autre ouvrage, qui s’intitulerait« Heart of Brightness », ou le « Cœur de la clarté, de la lumière ». J’écrirai peut-être un jour ce livre. Le Congo le mérite amplement. Le continent africain tout entier le mérite amplement.

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