J’étais monté sur le pont du navire pour prendre un bain de lumière. On naviguait à vingt noeuds tout au plus, laissant dernière nous un long sillon d’écume où germait déjà le souvenir de Suakin.

Dans ce dernier sursis, la Nubie s’éloignait lentement laissant encore voir ses montagnes brunes aux pieds desquelles s’étiraient une longue côte désertique, accablée de soleil, soulagée par une mer de corail bleue. Un paysage large et calme, loin du tumulte conquérant de ce qui fut le point le plus méridional de l’Empire ottoman sur le continent africain. Cependant, cet immense infini de sable était éclaboussé de guerre, par la sécession du Sud qui enfantait dans la douleur le 54-ième pays d’Afrique : La République du Sud Soudan.

A Khartoum les canons de cette guerre se couvraient de pudeur sous d’immenses bâches de toiles cirées, vigilantes à l’entrée des ponts qui surplombaient le Nil. Je quittais tout cela, confiant que ces dernières scènes ne se joueront plus sur le continent africain.

Que Dieu bénisse l’Afrique. Amin !

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Souleymane N’Doye