Jusqu’à récemment encore, le Ghana ne faisait pas partie des pays que j’avais particulièrement envie de visiter en Afrique. Du Ghana je n’avais que quelques repères historiques hérités de mes cours d’histoire du secondaire (pour info j’ai été à l’école publique camerounaise) à savoir l’Empire du Ghana, le royaume Ashanti, la Gold Coast (ancienne appellation du Ghana), Kwame Kruma (premier président ghanéen panafricaniste dans l’âme). Par la suite, je n’ai que rarement entendu parler du Ghana.

Mais depuis que je m’intéresse un peu plus à mon cher continent , il m’est rapidement apparu que le Ghana est THE PLACE TO BE in Africa. Modèle en terme de croissance économique, de démocratie et de développement pour ne citer que ceux-là. Ce, depuis une dizaine d’années seulement. Et ce n’est certainement pas un hasard si le Président Obama a choisi comme destination ce pays pour son premier déplacement en Afrique après son élection en 2008.

Ainsi lorsque l’occasion s’est présentée pour moi au mois d’août dernier, j’ai sauté dessus sans hésiter et pris une petite semaine de vacances pour visiter Accra.

Accra est la capitale du Ghana et la ville la plus peuplée du pays, plus de 2 300 000 habitants selon Wikipédia. C’est une ville côtière située sur le Golfe de Guinée (partie de l’océan Atlantique). La langue officielle est l’anglais mais l’immense majorité des ghanéens parle le twi.

Dès la descente d’avion, l’aéroport international de KOTOKA d’Accra donne la tendance. Les locaux sont propres, modernes et climatisés, les indications sont claires. On sent bien que les standards internationaux sont observés. Les agents de police et d’immigration sont polis et serviables. En effet, les ghanéens sont connus pour être des personnes gentilles et accueillantes. Pour ce qui est du visa, il est possible de le prendre à l’aéroport pour 150 dollars US si jamais on ne dispose pas d’une représentation diplomatique ghanéenne dans son pays. Ce qui est le cas du Cameroun.

Ce qui frappe tout de suite quand on rentre dans la ville ce sont les axes routiers comparables aux grands boulevards des capitales occidentales. Pour autant, les bouchons sont légion en heures de pointe comme dans la plupart des grandes villes. Toutefois, on sent bien qu’un effort a été fait par les gouvernements qui se sont succédés. A de nombreux points de la ville des travaux sont faits pour goudronner les routes ou en créer de nouvelles. Les différents axes routiers à travers le pays, notamment ceux qui relient les villes entre elles sont (contrairement à ce qui s’observe dans la plupart des pays africains) goudronnés et en bon état. J’ai pu le constater en ayant fait le trajet d’Accra à AFLAO la ville frontalière du Togo. Il faut compter 3h de trajet en mini bus.

Concernant l’architecture de la ville elle n’est pas uniforme. Accra porte bien évidemment les traces de son histoire. C’est-à-dire que la ville compte de nombreux bâtiments issus de l’époque coloniale. Mais la transformation de la ville est facilement palpable car Accra est un véritable chantier. La zone située en vis à vis de l’aéroport, “Airport Residential” témoigne de l’évolution de la métropole. Elle est progressivement entrain de prendre des airs de petit Sandton, le quartier résidentiel et d’affaires le plus huppé de Johannesbourg. Cependant, le changement ne semble s’opérer que dans certaines parties de la ville. Les quartiers populaires quant à eux ressemblent de plus en plus à des bidonvilles où s’installent le nombre croissant de ghanéens expulsés des centres villes qu’on veut transformer en centres d’affaires et résidences de luxe. C’est toujours le même triste constat, on chasse les pauvres pour faire de la place aux riches…

Pour se déplacer à Accra quand on n’a pas de voiture personnelle, on a le choix entre les taxis classiques (à la course ou à partager) et les mini-bus, communément appelés tro-tro ici, qu’on trouve dans bon nombre de capitales africaines. La ville dispose de bus de transport public mais ceux-ci font généralement de longues distances d’un point à un autre sans marquer d’arrêt sur le trajet.

Le taxi est évidemment le moyen le plus rapide de se déplacer mais il peut très vite s’avérer lourd pour le porte-monnaie. Les prix varient en fonction de la distance évidement mais se pratiquent surtout à la tête du client. Il faut savoir que le prix de départ proposé par le chauffeur de taxi est toujours surtaxé, très souvent le double quand il se doute qu’on n’est pas ghanéen.  Il faudra alors faire jouer ses talents de négociateur quand on en a. Sinon il faudra très vite les acquérir si on opte pour ce moyen de transport. Quoiqu’il en soit, il faut toujours s’accorder avec le chauffeur avant de monter dans le taxi pour éviter tout problème à l’arrivée.

Quant aux tro-tro, ils sont le moyen le plus économique pour se déplacer. Le confort n’est pas le must mais pour des courtes ou moyennes distances c’est supportable. D’autant qu’ici ils ne sont pas surchargés comme dans certains pays. Dans les grandes stations qui sont des hubs, les tro-tro ne démarrent que lorsqu’ils ont fait le plein. Mais il est toujours possible de le prendre en chemin s’il reste de la place et demander à s’arrêter à une station précise. La ville ne dispose pas à ma connaissance de plans répertoriant les différents arrêts de tro-tro, il faut se renseigner à l’avance sur les arrêts les plus proches de sa destination et maîtriser avec le temps les signes du “contrôleur” indiquant la direction de son bus.

Accra est incontestablement une ville en mouvement. Cela se voit d’un point de vue architectural mais pas que. La ville propose de nombreux centres d’intérêts dans les domaines de la culture, du loisir et du divertissement. En effet, les amateurs de culture ont de quoi se satisfaire avec les différents musées, centre artisanal, théâtre, planétarium et divers monuments historiques. Pour ce qui est du loisir et du divertissement, Accra compte plusieurs centres commerciaux, un bowling, des restaurants et bars branchés, des discothèques et des plages aménagées pour ceux qui veulent profiter de l’air marin . J’aurai l’occasion de vous en parler dans le détail lors de prochains billets :)

Mais je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai tellement été séduite par l’énergie que dégage cette ville que par la suite, j’ai décidé d’y poser mes valises pour quelque temps. A bientôt pour la suite de mon aventure ghanéenne.

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